Calculer l’impôt sur vos revenus fonciers : méthode, tranches et régimes 2026

47,2% : c'est le taux de taxation totale qui attend un propriétaire bailleur au taux marginal d'imposition (TMI) de 30%. Beaucoup le découvrent seulement au moment de leur déclaration. Entre le loyer brut encaissé et ce qu'il reste réellement en poche après impôt, l'écart dépasse régulièrement la moitié des sommes perçues.

TL;DR : Cet article en bref

  • Votre impôt foncier combine IR (selon TMI : 11% à 45%) et prélèvements sociaux (17,2% fixes), soit une pression fiscale allant de 28,2% à 62,2% selon votre tranche.
  • Micro-foncier (abattement forfaitaire 30%, plafonné à 15 000€ de revenus bruts) ou régime réel (déduction des charges effectives) : le réel s'impose dès que vos charges dépassent 30% des loyers.
  • Le déficit foncier impute jusqu'à 10 700€/an sur votre revenu global (art. 156-I-3° CGI), générant une économie d'impôt immédiate selon votre TMI.

Revenus fonciers et impôt : les bases à connaître

Les revenus fonciers désignent les loyers perçus dans le cadre d'une location nue (non meublée). Ils entrent dans l'assiette de l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, auxquels s'ajoutent systématiquement les prélèvements sociaux au taux forfaitaire de 17,2%. Ces 2 couches de prélèvements s'appliquent sur le revenu foncier net, c'est-à-dire après abattement ou déduction des charges effectives.

Il faut d'emblée préciser que les revenus de l'investissement locatif en meublé relèvent d'une toute autre catégorie fiscale : les bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Un logement loué meublé n'est donc pas concerné par les règles exposées ici, et ses conditions d'imposition diffèrent profondément.

Qu'est-ce qu'un revenu foncier imposable ?

Le socle du revenu foncier imposable, c'est avant tout le loyer encaissé durant l'année civile, hors charges locatives refacturées au locataire (eau, ordures ménagères, charges de copropriété récupérables).

2 éléments viennent fréquemment s'y ajouter : les provisions pour charges que vous avez perçues mais non restituées en fin d'année, ainsi que tout dépôt de garantie que vous avez définitivement conservé, par exemple en cas de dégradations constatées à l'état des lieux de sortie.

Enfin, les subventions versées par l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) pour financer des travaux dans un logement loué sont également considérées comme un revenu foncier imposable, ce que beaucoup de propriétaires omettent à tort lors de leur déclaration.

Les deux composantes de votre imposition foncière

Votre imposition foncière repose toujours sur la même formule : revenu foncier net × (TMI + 17,2%). Les prélèvements sociaux (CSG à 9,2%, CRDS à 0,5% et prélèvement de solidarité à 7,5%) s'ajoutent mécaniquement à l'IR, sans plafond ni exception. Le tableau ci-dessous illustre le taux global résultant pour chaque tranche :

TMIPrélèvements sociauxTaux global
11%17,2%28,2%
30%17,2%47,2%
41%17,2%58,2%
45%17,2%62,2%

Ces chiffres soulignent combien la maîtrise du revenu net imposable est déterminante : à TMI égal, chaque euro de charges supplémentaires déduites permet une économie directe de 28 à 62 centimes d'impôt.

Micro-foncier ou régime réel : quel régime choisir ?

Le choix entre micro-foncier et régime réel est l'une des décisions les plus structurantes pour votre fiscalité locative. Selon Service-Public.fr, le seuil d'éligibilité au micro-foncier est fixé à 15 000€ de revenus bruts annuels en location non meublée. Au-delà, le régime réel s'impose d'office. En dessous, vous pouvez librement opter pour l'un ou l'autre selon ce qui est le plus favorable.

CritèreMicro-foncierRégime réel
Seuil d'éligibilitéRevenus bruts ≤ 15 000€/anAucun plafond ; obligatoire au-delà de 15 000€
Base imposable70% des loyers perçusLoyers - charges réelles déductibles
Charges déductiblesAucune (abattement forfaitaire 30%)Travaux, intérêts, taxe foncière, assurances, gestion...
FormalitésDéclaration ligne 4BE (2042 uniquement)Formulaire 2044 + report ligne 4BA sur 2042
Avantage principalSimplicité et rapiditéOptimisation fiscale dès que charges > 30% des loyers

Nous vous recommandons de simuler les 2 régimes chaque année, en particulier si vous avez engagé des travaux ou souscrit un emprunt récemment. L'option pour le régime réel est irrévocable pendant 3 ans : une projection sur cette durée est indispensable avant de vous engager.

Le micro-foncier : simplicité et abattement de 30%

Le micro-foncier applique automatiquement un abattement forfaitaire de 30% sur vos loyers bruts. Vous n'avez aucun justificatif de charges à fournir, et le calcul s'effectue directement sur votre déclaration 2042.

Voici un cas concret : revenus bruts de 12 000€, TMI à 30%. La base imposable est de 8 400€ (12 000 × 70%). L'impôt sur le revenu s'élève à 2 520€ (8 400 × 30%), et les prélèvements sociaux à 1 444,80€ (8 400 × 17,2%), soit 3 964,80€ prélevés sur 12 000€ encaissés.

Résultat : un taux effectif de 33%, sans aucune comptabilité à tenir. C'est l'attrait principal de ce régime, particulièrement adapté aux bailleurs dont les charges effectives restent structurellement faibles.

Le régime réel : déduire vos charges pour payer moins

Au-delà de 15 000€ de revenus bruts, le régime réel est obligatoire. Mais il peut aussi être adopté par option si vos charges réelles surpassent l'abattement forfaitaire de 30%.

Prenons un cas comparable : revenus bruts de 18 000€, charges déductibles (travaux, intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurances) de 8 500€. Le revenu net imposable tombe à 9 500€. L'impôt total : 2 850€ d'IR (9 500 × 30%) + 1 634€ de prélèvements sociaux (9 500 × 17,2%) = 4 484€. Avec le micro-foncier sur ces mêmes 18 000€ bruts, la base serait de 12 600€ et l'impôt de 5 921€ : l'économie réalisée dépasse 1 400€.

Comment choisir entre les deux régimes ?

La règle de bascule est simple : si vos charges réelles excèdent 30% de vos revenus bruts, le régime réel est systématiquement plus avantageux. Pour clarifier votre décision, voici les 4 questions à vous poser :

  • Mes revenus locatifs bruts dépassent-ils 15 000€ par an (auquel cas le réel s'impose) ?
  • Mes charges réelles (travaux, intérêts, assurances, taxe foncière) représentent-elles plus de 30% de mes loyers bruts ?
  • Ai-je un emprunt immobilier en cours avec des intérêts significatifs ?
  • Est-ce que j'envisage des travaux importants dans les 3 prochaines années ?

Si vous répondez "oui" à au moins 2 de ces questions, le régime réel mérite d'être simulé sérieusement, en gardant à l'esprit que l'option est irrévocable pendant 3 ans.

Comment calculer concrètement votre impôt foncier en 2026 ?

La méthode se déroule toujours en 4 étapes successives, du revenu brut à l'impôt final. Pour illustrer chacune, nous suivrons le même cas fil rouge : un bailleur au régime réel, percevant 20 000€ de revenus fonciers bruts, avec un TMI à 30%.

Selon Impots.gouv.fr (2026), les prélèvements sociaux de 17,2% s'appliquent sur le revenu foncier net sans plafond ni seuil minimum. Cette composante est souvent sous-estimée, car elle frappe même les bailleurs non imposables à l'IR.

Étape 1 : Déterminez vos revenus fonciers bruts

Le revenu foncier brut regroupe l'ensemble des loyers effectivement encaissés dans l'année civile, hors charges locatives refacturées. Il faut également y inclure les provisions pour charges non restituées et tout dépôt de garantie conservé définitivement. Ces éléments sont à reporter sur la déclaration 2044 (régime réel) ou directement sur la 2042 (micro-foncier).

Dans notre cas fil rouge : 12 mois × 1 600€ = 19 200€ de loyers, auxquels s'ajoutent 800€ de charges non restituées en fin de bail, soit 20 000€ de revenus bruts au total.

Étape 2 : Calculez votre revenu foncier net imposable

La base imposable se calcule différemment selon le régime retenu :

Sans option pour le réel (micro-foncier) : le revenu net imposable est de 14 000€ (20 000 × 70%), après application automatique de l'abattement forfaitaire de 30%.

Avec option pour le réel : en déduisant 8 500€ de charges effectives (travaux, intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurances), le revenu net tombe à 11 500€, soit 2 500€ de moins qu'au micro-foncier sur un revenu brut identique.

Étape 3 : Appliquez votre tranche marginale d'imposition

Une fois le revenu net imposable connu, l'IR se calcule en multipliant ce montant par votre TMI. Dans notre cas, au régime réel (revenu net 11 500€, TMI 30%) : 11 500 × 30% = 3 450€ d'impôt sur le revenu. Un bailleur au TMI de 41% sur ce même revenu net paierait 4 715€, et 5 175€ au TMI de 45%.

Il est utile de rappeler que le TMI s'applique à la marge : vos revenus fonciers nets viennent s'additionner à vos autres revenus, et c'est la tranche globale de votre foyer fiscal qui détermine le taux applicable à la fraction foncière.

Étape 4 : Ajoutez les prélèvements sociaux de 17,2%

Les prélèvements sociaux (CSG 9,2%, CRDS 0,5%, prélèvement de solidarité 7,5%) s'appliquent sans plafond sur le revenu net, qu'il soit issu du micro-foncier ou du régime réel.

Pour notre cas fil rouge : 11 500€ × 17,2% = 1 978€ de prélèvements sociaux. Ajoutés aux 3 450€ d'IR, l'impôt total s'établit à 5 428€, ce qui représente un taux effectif de 27,1% sur les 20 000€ de revenus bruts. Pour aller plus loin dans l'optimisation, les exemples de déficit foncier illustrent comment des travaux peuvent faire baisser sensiblement cette facture fiscale.

Les charges déductibles du revenu foncier au régime réel

Le régime réel tire toute sa puissance des charges que l'article 31-I du Code général des impôts autorise à déduire des revenus fonciers bruts. La liste est plus longue que beaucoup de propriétaires ne l'imaginent, et chaque euro de charge déductible représente une économie directe de 28 à 62 centimes d'impôt selon votre TMI.

Pourtant, toutes les dépenses ne se valent pas fiscalement. L'administration opère une distinction nette entre les charges admises en déduction et celles qui ne le sont pas, et la confusion entre ces 2 catégories est l'une des principales sources de redressement chez les bailleurs au régime réel.

Constituez dès maintenant un dossier annuel par bien loué, regroupant toutes vos factures de travaux, avis de taxe foncière, tableaux d'amortissement bancaires et attestations d'assurance. En cas de contrôle fiscal, l'absence d'un seul justificatif peut entraîner la réintégration de la charge dans votre revenu imposable, avec pénalités à la clé. Conservez ces documents pendant au moins 3 ans après la date de la déclaration concernée.

Les travaux déductibles : entretien, réparation et amélioration

Les dépenses d'entretien et de réparation sont déductibles immédiatement l'année de leur paiement. Les travaux de rénovation déductibles couvrent également les travaux d'amélioration, c'est-à-dire ceux qui améliorent le confort ou les conditions d'habitation sans agrandir ni modifier la destination du bien.

La frontière avec les travaux de construction ou d'agrandissement est stricte : poser un plancher flottant à la place d'un carrelage vieillissant est déductible ; creuser une cave supplémentaire ou ajouter une pièce ne l'est pas. Voici les exemples les plus courants, avec leurs montants types :

  • Remplacement d'une chaudière : environ 4 500€
  • Réfection complète d'une toiture : environ 8 000€
  • Mise aux normes de l'installation électrique : environ 3 500€
  • Remplacement des fenêtres (double vitrage) : environ 5 000€
  • Réfection d'une salle de bains (sans agrandissement) : environ 6 000€
  • Remise en état des sols et revêtements : environ 2 500€

Intérêts d'emprunt et frais financiers

Seule la part d'intérêts de votre emprunt immobilier est déductible des revenus fonciers. Le capital remboursé, lui, ne l'est jamais. Les frais de dossier bancaire, l'assurance emprunteur et les frais de garantie (hypothèque ou caution) sont également admis en déduction, à condition de conserver les justificatifs correspondants.

Pour illustrer concrètement : sur un emprunt de 200 000€ à 3% sur 20 ans, l'annuité totale avoisine 13 300€, mais la fraction déductible la première année se limite à environ 6 000€ d'intérêts. Cette déductibilité diminue chaque exercice, à mesure que la part d'amortissement progresse dans chaque mensualité. Il est donc conseillé de conserver le tableau d'amortissement fourni par votre banque pour chaque année fiscale.

Taxe foncière, assurances et frais de gestion

La taxe foncière est intégralement déductible, ce qui en fait l'une des charges les plus systématiquement récupérables. Elle représente généralement entre 800€ et 1 200€ par an selon la localisation du bien, parfois davantage dans les grandes agglomérations.

Et ce n'est pas tout : plusieurs autres postes viennent compléter la liste des déductions autorisées. L'assurance propriétaire non occupant (PNO) coûte en moyenne 180€ par an. La garantie loyers impayés (GLI) représente environ 3% des loyers annuels. Les honoraires de gestion versés à une agence locative (généralement autour de 7% des loyers hors taxes) et les frais d'un expert-comptable (environ 300€ par an) sont également déductibles, à condition d'être justifiés par une facture ou un contrat en bonne et due forme.

Quelques charges NON déductibles à connaître...

La confusion entre charges déductibles et non déductibles est fréquente, et elle coûte cher en cas de contrôle. Voici les 5 points d'attention principaux à retenir :

⚠️ Le capital remboursé de votre emprunt n'est jamais déductible, contrairement aux intérêts : les confondre est l'erreur la plus répandue chez les bailleurs au régime réel. ⚠️ Les travaux de construction ou de reconstruction sont exclus du régime foncier, même s'ils valorisent durablement le bien loué. ⚠️ Les travaux d'agrandissement (ajout d'une pièce, surélévation) sont également refusés en déduction, quelle que soit leur ampleur ou leur coût. ⚠️ L'aménagement du terrain (allée, clôture, jardins) ne constitue pas une charge foncière déductible au sens de l'article 31-I du CGI. ⚠️ Le changement de destination d'un bien (passage de locatif à usage propre, ou transformation en local commercial) génère des dépenses expressément exclues du régime.

Le déficit foncier : réduire votre impôt légalement

Lorsque vos charges déductibles excèdent vos revenus fonciers, vous générez un déficit foncier. C'est l'un des mécanismes les plus puissants du droit fiscal français pour les bailleurs : il permet non seulement d'effacer l'imposition sur vos revenus locatifs, mais aussi de réduire votre revenu global imposable, et donc votre IR sur l'ensemble de vos revenus.

Le plafond d'imputation sur le revenu global est fixé à 10 700€ par an, conformément à l'article 156-I-3° du Code général des impôts. L'excédent qui dépasse ce seuil n'est pas perdu pour autant : il est reportable sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes. Autant dire qu'une année de gros travaux peut constituer une véritable opportunité fiscale, à condition de maîtriser les règles du jeu. Notre guide sur le calcul du déficit foncier détaille les modalités de ce mécanisme étape par étape.

Comment fonctionne le mécanisme du déficit foncier ?

Le déficit se calcule en retranchant l'ensemble des charges déductibles de vos revenus fonciers bruts. Lorsque le solde est négatif, vous disposez d'un déficit foncier à exploiter fiscalement.

Ce déficit se répartit ensuite en 2 poches bien distinctes. La fraction liée aux intérêts d'emprunt ne peut s'imputer que sur des revenus fonciers futurs (jamais sur le revenu global). La fraction restante, dite "hors intérêts", est imputable sur votre revenu global dans la limite de 10 700€ par an.

Tout excédent non imputé est reporté sur les revenus fonciers des 10 prochaines années. Ce report est automatique mais doit être mentionné chaque exercice sur le formulaire 2044, dans la rubrique dédiée aux déficits antérieurs.

Un exemple chiffré pour bien comprendre

Voici un cas pratique : revenus fonciers de 6 000€, travaux de 15 000€, intérêts d'emprunt de 3 000€. Le déficit hors intérêts est de 9 000€ (15 000 - 6 000), imputable intégralement sur le revenu global car il reste sous le plafond de 10 700€. Les 3 000€ d'intérêts, eux, s'imputent uniquement sur les revenus fonciers futurs.

Sans déficitAvec déficit
Revenu global imposable (base : 45 000€)45 000€36 000€ (-9 000€)
IR (TMI 30%)13 500€10 800€
Prélèvements sociaux sur revenu foncier1 032€ (6 000 × 17,2%)0€ (revenu foncier net nul)
Impôt total14 532€10 800€
Économie réalisée3 732€

Attention aux conditions d'engagement !

Le bénéfice du déficit foncier est soumis à une condition impérative : vous devez maintenir le bien en location pendant au moins 3 ans à compter de l'année d'imputation du déficit.

⚠️ En cas de vente, de mise à disposition gratuite ou de cessation de la location avant ce délai, l'administration fiscale procède à la réintégration du déficit imputé dans votre revenu global. Un rappel d'impôt assorti d'intérêts de retard et de pénalités en découle, conformément à l'article 156-I-3° du CGI.

Déclaration des revenus fonciers : étapes et erreurs à éviter

La déclaration de vos revenus fonciers emprunte un circuit différent selon le régime retenu. En micro-foncier, seule la déclaration 2042 est requise, avec report des loyers bruts ligne 4BE. En régime réel, le formulaire 2044 (disponible sur Impots.gouv.fr, Formulaires fiscaux 2026) est obligatoire, et son résultat net se reporte ligne 4BA sur la 2042. Les délais de dépôt s'échelonnent entre mai et juin selon votre département et votre mode de déclaration (en ligne ou papier).

Pour ne rien oublier, voici les 5 étapes d'une déclaration réussie :

  1. Choisissez votre régime fiscal (micro-foncier ou réel) en fonction de votre situation réelle de l'année en cours.
  2. Rassemblez l'ensemble des justificatifs : baux, quittances de loyer, factures de travaux, tableau d'amortissement bancaire, avis de taxe foncière.
  3. Remplissez le formulaire adapté à votre régime (2042 seule, ou 2044 + 2042 pour le réel).
  4. Reportez le résultat sur la ligne 4BA (revenu net ou déficit au réel) ou 4BE (micro-foncier) de votre déclaration 2042.
  5. Conservez toutes vos pièces justificatives pendant au moins 3 ans après la date de la déclaration.

Pour les situations complexes (pluralité de biens, SCI à l'IR, dispositif Pinel ou Denormandie, déficit foncier élevé), nous vous recommandons vivement de consulter un expert-comptable ou un conseiller fiscal avant de déposer votre déclaration. Une erreur sur le formulaire 2044 peut générer un redressement bien plus coûteux que les honoraires d'un professionnel.

Micro-foncier : remplir la ligne 4BE de votre déclaration 2042

La démarche ne demande que quelques minutes : vous déclarez le montant brut de vos loyers à la ligne 4BE, sans déduire aucune charge.

L'administration fiscale applique ensuite automatiquement l'abattement de 30% et calcule l'impôt sur la base restante de 70%, sans qu'aucun formulaire 2044 ne soit nécessaire.

Pour un studio loué 650€ par mois (7 800€ annuels) : vous inscrivez 7 800€ ligne 4BE, l'administration calcule l'impôt sur 5 460€ (70% de 7 800€). Au TMI de 11%, cela représente 600,60€ d'IR et 939,12€ de prélèvements sociaux, soit 1 539,72€ au total.

Régime réel : le formulaire 2044 en détail

Le formulaire 2044 est le cœur de votre déclaration au régime réel. Il vous invite à identifier précisément chaque bien loué, à inscrire vos revenus bruts et à détailler vos charges par catégorie (travaux, intérêts, taxe foncière, assurances, frais de gestion). Le solde net calculé est ensuite reporté ligne 4BA sur votre 2042. Si vous bénéficiez d'un dispositif fiscal spécifique comme le Pinel ou le Denormandie, le formulaire 2044-SPE remplace le 2044 standard.

Les 6 rubriques essentielles à renseigner sont : l'identification et l'adresse du bien loué, les revenus bruts encaissés dans l'année, le détail des frais et charges courantes, les intérêts et frais d'emprunt, les éventuelles autres charges non ventilées ailleurs, et enfin le calcul du revenu net imposable ou du déficit foncier à reporter.

Les erreurs les plus fréquentes (et coûteuses) à éviter

Les erreurs déclaratives exposent à des pénalités allant de 10% à 40% des droits éludés, selon la gravité de la faute. Voici les 5 pièges les plus fréquents chez les bailleurs :

⚠️ Oublier de déclarer les loyers à la ligne 4BE en micro-foncier entraîne une taxation de 100% des loyers bruts, sans abattement appliqué. ⚠️ Déduire des travaux de construction ou d'agrandissement au régime réel provoque leur rejet systématique, avec pénalités pour déclaration inexacte. ⚠️ Rester au micro-foncier alors que vos charges dépassent 30% des revenus bruts représente une perte d'optimisation fiscale souvent très significative. ⚠️ Ne pas reporter un déficit foncier antérieur sur vos revenus fonciers de l'année en cours est une erreur purement administrative, mais elle vous prive d'un avantage légal acquis. ⚠️ Conserver trop peu de justificatifs expose chaque charge déductible à une remise en cause lors d'un contrôle fiscal.

FAQ : Tout savoir sur le calcul de l'impôt sur les revenus fonciers

Comment calculer mon impôt foncier si je suis au micro-foncier ?

Au micro-foncier, le calcul s'effectue en 3 temps simples. Vous commencez par multiplier vos loyers bruts par 70% pour obtenir la base imposable (l'abattement de 30% est appliqué automatiquement par l'administration). Vous appliquez ensuite votre TMI sur cette base pour obtenir l'IR, puis vous y ajoutez 17,2% de prélèvements sociaux. Pour 10 000€ de loyers bruts au TMI de 30% : la base imposable est de 7 000€, l'IR de 2 100€ et les prélèvements sociaux de 1 204€, soit 3 304€ au total.

Quelle est la différence entre revenu foncier brut et net ?

Le revenu foncier brut correspond à l'ensemble des sommes encaissées dans l'année au titre de la location : loyers, provisions pour charges non restituées, dépôt de garantie conservé. Le revenu foncier net est la base sur laquelle l'impôt est calculé, après application de l'abattement de 30% (micro-foncier) ou déduction des charges réelles (régime réel). Le TMI et les 17,2% de prélèvements sociaux s'appliquent toujours sur le net, jamais sur le brut.

Les prélèvements sociaux de 17,2% s'appliquent-ils dans tous les cas ?

Oui, les prélèvements sociaux s'appliquent systématiquement sur les revenus fonciers nets, quel que soit le régime fiscal retenu. Il n'existe ni seuil minimal, ni exonération liée à votre tranche d'imposition, ni plafond. Un bailleur non imposable à l'IR peut ainsi se retrouver redevable des seuls prélèvements sociaux si son revenu foncier net reste positif. La seule façon de les éviter est d'aboutir à un revenu foncier net nul ou négatif, c'est-à-dire un déficit foncier.

Puis-je déduire les travaux d'agrandissement de mon bien locatif ?

Non. Seuls les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration sont déductibles des revenus fonciers au sens de l'article 31-I du CGI. Les dépenses d'agrandissement, de construction ou de reconstruction en sont expressément exclues. Un agrandissement est traité fiscalement comme un investissement patrimonial : il peut réduire la plus-value imposable lors d'une cession future, mais ne constitue pas une charge locative déductible l'année de son paiement.

Comment fonctionne le report du déficit foncier sur 10 ans ?

Lorsque votre déficit foncier dépasse 10 700€ imputables sur le revenu global, ou lorsqu'il provient d'intérêts d'emprunt, l'excédent est automatiquement reportable sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes. Ce report s'applique chronologiquement, exercice après exercice, jusqu'à épuisement du déficit ou expiration du délai. Il doit être mentionné chaque année sur le formulaire 2044 dans la rubrique "déficits antérieurs", faute de quoi l'avantage fiscal peut être perdu par simple omission déclarative.

Dois-je déclarer les loyers encaissés en espèces ?

Oui, sans exception. Toutes les sommes perçues au titre de la location constituent des revenus imposables, quelle que soit leur forme : virement bancaire, chèque ou espèces. L'administration fiscale ne fait aucune distinction selon le mode de paiement. Un encaissement en espèces non déclaré est constitutif d'une dissimulation de revenus, passible d'un redressement assorti de majorations pouvant atteindre 40% des droits éludés.

Quel formulaire utiliser pour déclarer mes revenus fonciers en 2026 ?

Pour le régime micro-foncier, seule la déclaration 2042 est requise : vous reportez vos loyers bruts ligne 4BE, et l'abattement de 30% est calculé automatiquement. Pour le régime réel, le formulaire 2044 (ou 2044-SPE pour les dispositifs Pinel, Denormandie et assimilés) est obligatoire, et le revenu net calculé est reporté ligne 4BA de la 2042. Ces formulaires sont disponibles sur Impots.gouv.fr à chaque campagne déclarative.

Puis-je changer de régime fiscal d'une année sur l'autre ?

Le passage du micro-foncier au régime réel est possible à tout moment, mais l'option pour le réel est alors irrévocable pendant 3 ans. À l'inverse, si vos revenus fonciers bruts repassent sous 15 000€ à l'issue d'une période au réel, vous pouvez revenir au micro-foncier. Il est donc recommandé d'anticiper les années de gros travaux avant d'opter pour le réel, afin de maximiser la déductibilité sur toute la durée d'engagement.

📚 SOURCES

  • Code général des impôts, article 156-I-3° : plafond d'imputation du déficit foncier sur le revenu global (10 700€)
  • Code général des impôts, article 31-I : liste des charges déductibles des revenus fonciers au régime réel
  • Impots.gouv.fr (2026) : taux des prélèvements sociaux sur les revenus fonciers (17,2%)
  • Impots.gouv.fr, Formulaires fiscaux (2026) : formulaires de déclaration des revenus fonciers (2042, 2044)
  • Service-Public.fr, Revenus locatifs location non meublée (2026) : seuil d'éligibilité au régime micro-foncier (15 000€ de revenus bruts annuels)
  • Loi de finances 2026, Impots.gouv.fr : tranches marginales d'imposition 2026
Écrit par Camille Durrieu
Rédactrice en chef Immobilier et Lifestyle Basque