Dès la première déclaration fiscale, chaque propriétaire en location meublée non professionnelle se retrouve face au même arbitrage : opter pour la simplicité du micro-BIC ou tirer parti du régime réel pour réduire son imposition. La décision paraît technique, mais elle peut représenter plusieurs milliers d'euros d'écart sur une même année de loyers perçus.
TL;DR : Cet article en bref
- Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes brutes (plafond : 15 000 € par an) ; le régime réel déduit vos charges réelles et amortit la valeur du bien sur plusieurs décennies.
- Le régime réel devient mécaniquement plus avantageux dès que vos charges réelles dépassent 50 % de vos recettes, en particulier si vous remboursez un emprunt immobilier.
- Depuis 2023, le changement de régime est possible chaque année : l'engagement triennal est supprimé, vous adaptez votre fiscalité librement.
Statut LMNP et fiscalité : pourquoi le choix du régime est stratégique
Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) s'applique dès lors que vos recettes locatives annuelles restent inférieures à 23 000 € et représentent moins de 50 % de l'ensemble de vos revenus globaux, selon les conditions fixées par service-public.fr (2026). C'est dans cet espace que l'investissement locatif meublé offre l'une de ses principales valeurs : une fiscalité modulable selon votre profil.
Ce seuil posé, le vrai enjeu réside dans le régime d'imposition choisi à l'intérieur de ce statut. Micro-BIC ou réel simplifié : ces 2 options ne modifient pas votre statut LMNP, mais changent radicalement la façon dont vos revenus locatifs sont taxés chaque année.
C'est d'autant plus stratégique que la différence entre les 2 régimes peut représenter des milliers d'euros sur une même base de recettes. Pour un propriétaire remboursant un emprunt et supportant des charges élevées, l'abattement forfaitaire de 50 % du micro-BIC se révèle souvent nettement moins avantageux que la déduction des charges réelles.
Un choix fait par défaut, sans analyse préalable, coûte ainsi régulièrement bien plus cher que prévu. Le régime fiscal que vous choisissez détermine également votre charge administrative : d'un côté, une déclaration simple et rapide ; de l'autre, une comptabilité rigoureuse assortie d'une liasse fiscale annuelle.
Ne sous-estimez pas l'impact du régime fiscal sur la rentabilité nette à long terme de votre investissement LMNP. Nous vous recommandons de réaliser une projection comparative sur au moins 5 ans avant la première déclaration : la différence peut s'avérer considérable selon votre profil d'emprunteur et le niveau de vos charges réelles.
Les 2 régimes fiscaux du LMNP : vue d'ensemble
Le statut LMNP offre un choix entre 2 régimes fiscaux aux logiques très différentes. Le micro-BIC simplifie à l'extrême le calcul de l'impôt via un abattement forfaitaire, tandis que le régime réel simplifié permet de déduire chaque charge réellement engagée et d'amortir la valeur du bien. Choisir entre les 2, c'est avant tout choisir entre la facilité administrative et l'optimisation fiscale sur le long terme.
Micro-BIC : simplicité et abattement forfaitaire
Le micro-BIC est le régime par défaut pour les propriétaires LMNP dont les recettes restent sous le plafond légal. Son fonctionnement est volontairement simplifié : aucune comptabilité n'est requise, et l'administration applique automatiquement un abattement forfaitaire sur les recettes déclarées. Ses 4 caractéristiques essentielles sont les suivantes :
- Abattement forfaitaire de 50 % : la moitié de vos recettes brutes est automatiquement déduite pour calculer la base imposable, quelles que soient vos charges réelles.
- Seuil d'application : le micro-BIC s'applique par défaut lorsque vos recettes locatives annuelles ne dépassent pas 15 000 €.
- Aucune comptabilité requise : vous n'avez pas besoin de tenir un livre de comptes ni de faire appel à un expert-comptable.
- Déclaration simplifiée : vous reportez uniquement vos recettes brutes sur votre déclaration de revenus ; l'abattement est calculé automatiquement par l'administration.
Régime réel : charges réelles et amortissements
Le régime réel simplifié s'adresse aux propriétaires qui souhaitent optimiser leur fiscalité en déduisant leurs charges réelles plutôt qu'un forfait. Son fonctionnement est plus exigeant, mais son potentiel d'économie fiscale est nettement supérieur. Ses 4 piliers fondamentaux sont les suivants :
- Déduction des charges réelles : intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurances, frais de gestion et travaux sont déduits euro par euro des recettes brutes.
- Amortissement du bien et du mobilier : la valeur du logement et des équipements est répartie sur plusieurs décennies comme une charge comptable annuelle, réduisant fortement la base imposable.
- Comptabilité obligatoire : la tenue d'une comptabilité en bonne et due forme est exigée, avec dans la grande majorité des cas l'appui d'un expert-comptable spécialisé.
- Optimisation fiscale maximale : pour les propriétaires avec des charges élevées ou un emprunt en cours, le régime réel peut neutraliser quasi totalement l'impôt sur les loyers perçus pendant de nombreuses années.
Le régime micro-BIC en détail
Plafonds de recettes et éligibilité
Le micro-BIC est accessible à tout propriétaire LMNP dont les recettes brutes annuelles ne dépassent pas 15 000 €, conformément au seuil fixé par l'administration fiscale (impots.gouv.fr, Les régimes d'imposition, 2026). Ce seuil s'apprécie sur les recettes totales encaissées dans l'année civile, toutes locations meublées confondues, avant déduction de toute charge.
Un point souvent mal compris mérite une précision. Les recettes brutes désignent l'ensemble des sommes perçues, y compris les charges éventuellement récupérées auprès du locataire. La base imposable, elle, n'est que la moitié de ces recettes après application de l'abattement : les 2 notions ne doivent pas être confondues.
Le dépassement du seuil de 15 000 € entraîne un basculement automatique vers le régime réel l'année suivante, sans démarche particulière de votre part. Si vous percevez 16 000 € de loyers en 2026, c'est votre déclaration de 2027 qui relèvera du régime réel, avec l'obligation de tenir une comptabilité à partir de ce moment.
Cette règle a une implication pratique importante si vous possédez plusieurs biens. Les recettes de l'ensemble de vos locations meublées se cumulent pour apprécier le seuil, et non pas bien par bien : un second logement, même modeste, peut à lui seul provoquer ce basculement involontaire.
Abattement de 50 % et calcul de l'impôt
Le mécanisme du micro-BIC est d'une grande lisibilité : l'administration applique un abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes brutes, et la somme restante constitue la base imposable. Cette base vient s'ajouter à vos autres revenus pour être soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR), auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (impots.gouv.fr, Prélèvements sociaux, 2026), calculés sur cette même base réduite.
Voici un exemple concret. Vous percevez 12 000 € de recettes annuelles en location meublée : l'abattement de 50 % ramène la base imposable à 6 000 €. Sur cette base, avec une tranche marginale d'imposition (TMI) de 30 %, vous devrez 1 800 € d'IR et 1 032 € de prélèvements sociaux, soit une fiscalité totale de 2 832 € sur 12 000 € de recettes brutes (taux effectif global d'environ 24 %).
Ce calcul illustre l'attrait du micro-BIC lorsque les charges réelles sont faibles. En revanche, si vos charges dépassent 50 % de vos recettes, l'abattement forfaitaire vous fait mécaniquement payer plus que nécessaire : c'est à ce moment précis que le régime réel prend tout son sens.
Avantages et limites du micro-BIC
Le micro-BIC séduit avant tout par sa légèreté administrative. Aucun comptable, aucune liasse fiscale, aucun bilan à produire : vous déclarez vos recettes brutes et l'administration fait le reste. C'est une option particulièrement adaptée aux propriétaires qui débutent ou qui gèrent un seul bien sans emprunt, avec des charges limitées.
Pourtant, ce confort a un coût qu'il ne faut pas minimiser :
| Avantages | Limites | |
|---|---|---|
| Fiscalité | Abattement automatique de 50 %, sans justificatif de charges | Défavorable si vos charges réelles dépassent 50 % des recettes |
| Gestion | Aucune comptabilité, pas de frais de comptable | Impossible d'amortir le bien ou le mobilier |
| Déclaration | Déclaration rapide intégrée à la déclaration de revenus | Pas de report de déficit ni de déduction d'amortissement |
Le régime réel simplifié : mode d'emploi
Quelles charges sont déductibles ?
Le régime réel tire sa puissance de la déduction de l'ensemble des charges réellement supportées pour la mise en location du bien. La liste est plus longue que beaucoup de propriétaires ne l'imaginent, et chaque poste représente une réduction concrète de la base imposable.
Ces charges doivent être directement liées à l'activité de location meublée et justifiées par des documents probants (factures, relevés, contrats). Voici les principales charges déductibles dans le cadre du régime réel LMNP :
- Intérêts d'emprunt : les intérêts du crédit immobilier contracté pour l'acquisition du bien sont entièrement déductibles (mais pas le capital remboursé).
- Taxe foncière : la totalité de la taxe foncière due au titre de l'année est déductible, à l'exclusion de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères récupérable sur le locataire.
- Charges de copropriété : les charges non récupérables et la quote-part des charges récupérables non remboursées par le locataire sont déductibles.
- Assurances : assurance propriétaire non occupant (PNO), garantie loyers impayés (GLI) et toute assurance directement liée au bien.
- Frais de gestion locative : honoraires d'agence ou de gestionnaire, abonnements aux plateformes de gestion en ligne.
- Travaux d'entretien et de réparation : les dépenses de maintien en état du logement sont déductibles, hors travaux de construction ou d'agrandissement.
- Frais d'acquisition : honoraires du notaire et droits d'enregistrement, déductibles sur l'année d'acquisition du bien.
- Taxe de séjour : en location touristique, si vous acquittez la taxe de séjour pour le compte de votre commune, elle est déductible à ce titre.
L'amortissement du bien et du mobilier
L'amortissement est, de loin, le mécanisme le plus puissant du régime réel : il consiste à comptabiliser chaque année la dépréciation progressive du bien comme une charge fictive, déductible des recettes sans qu'aucune dépense réelle ne soit engagée. En pratique (selon les usages comptables habituels des BIC, synthèse experts-comptables, 2026), la valeur du bâtiment (hors terrain, non amortissable) se répartit sur 25 à 40 ans selon les composantes du bâti, tandis que le mobilier et les équipements s'amortissent sur 5 à 10 ans.
Ce mécanisme crée un avantage fiscal considérable sur les premières années : la somme des amortissements annuels et des charges réelles dépasse souvent le montant des loyers perçus, ce qui ramène la base imposable à zéro et neutralise totalement l'impôt. Et ce n'est pas tout : l'excédent d'amortissement non utilisé une année est reporté sur les exercices suivants sans limitation de durée, jusqu'à son absorption complète.
Quelques avantages concrets du régime réel
Pendant toute la période où les amortissements et les charges dépassent les recettes, le propriétaire LMNP au régime réel ne paie aucun impôt sur ses loyers. Pour un appartement acquis à 200 000 €, cette situation peut durer 10 à 15 ans, voire davantage si des travaux importants ont été réalisés en cours de détention.
Au-delà de la neutralisation de l'impôt annuel, le régime réel permet de constituer un patrimoine en conservant la quasi-totalité de la trésorerie générée par les loyers. Les travaux de rénovation engagés pour moderniser le bien viennent s'ajouter aux charges déductibles, renforçant encore l'effet d'optimisation : l'investissement se construit ainsi sur des bases fiscales solides, sans mobiliser de trésorerie supplémentaire pour l'impôt.
Micro-BIC ou réel : comment arbitrer ?
Le choix entre ces 2 régimes ne se fait pas à l'aveugle. Il repose sur une analyse précise de votre situation personnelle, de vos charges réelles et de vos objectifs à long terme. Un propriétaire sans emprunt et avec peu de charges profitera pleinement du micro-BIC ; un investisseur qui rembourse un crédit et supporte des frais importants y perdra presque systématiquement à ne pas opter pour le régime réel.
Avant de trancher, nous vous recommandons de simuler l'impact fiscal des 2 régimes avec vos chiffres réels de l'année précédente. Un expert-comptable spécialisé en LMNP peut réaliser cette projection en quelques heures, pour un coût bien inférieur aux économies potentielles sur 10 ans.
Critères de décision à prendre en compte
L'arbitrage entre micro-BIC et régime réel dépend d'une combinaison de facteurs qu'il faut peser ensemble, pas isolément. Un seul critère favorable au régime réel peut suffire à justifier le changement ; plusieurs réunis rendent la décision évidente. Voici les 6 critères essentiels à évaluer avant de choisir :
- Niveau de vos recettes annuelles : si vos recettes approchent ou dépassent 15 000 €, le régime réel devient obligatoire ; en dessous, les 2 options restent ouvertes.
- Montant de vos charges réelles : si vos charges (intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurances, copropriété) dépassent 50 % de vos recettes, le régime réel est mécaniquement plus favorable.
- Présence d'un emprunt immobilier : les intérêts d'emprunt ne sont déductibles qu'au régime réel ; ils constituent souvent le poste de charge le plus lourd les premières années.
- Durée de détention prévue : sur une longue période (10 ans et plus), l'amortissement peut générer une économie fiscale cumulée considérable qui justifie largement le régime réel.
- Volonté de simplicité administrative : si vous souhaitez éviter la tenue d'une comptabilité et les frais de comptable associés, le micro-BIC conserve un avantage indéniable.
- Accès à un expert-comptable : le régime réel nécessite une rigueur comptable. En l'absence de conseil spécialisé, le micro-BIC reste plus sécurisant et moins chronophage.
Tableau comparatif des 2 régimes
Pour visualiser l'essentiel avant de décider, voici une mise en regard directe des 2 régimes sur les critères les plus déterminants. L'investissement en LMNP ne se pilote jamais de façon uniforme : chaque situation mérite son propre calcul, et ce tableau n'est qu'un point de départ.
| Critère | Micro-BIC | Réel simplifié |
|---|---|---|
| Plafond de recettes | 15 000 € maximum | Aucun plafond |
| Calcul de l'impôt | Abattement forfaitaire de 50 % | Déduction des charges réelles et amortissements |
| Comptabilité requise | Aucune | Obligatoire (expert-comptable recommandé) |
| Optimisation fiscale | Limitée (abattement fixe) | Maximale (impôt pouvant être nul) |
| Simplicité déclarative | Très élevée | Modérée à faible |
| Changement annuel | Possible depuis 2023 | Possible depuis 2023 |
Ce tableau confirme que les 2 régimes ne s'opposent pas de façon absolue. Le micro-BIC convient aux situations simples et peu chargées ; le régime réel s'adresse à celles qui appellent une stratégie fiscale construite sur le long terme.
Obligations déclaratives selon votre régime
Les règles déclaratives diffèrent sensiblement entre le micro-BIC et le régime réel, tant sur les formulaires à utiliser que sur les délais et les documents à produire. Une erreur de case ou un dépôt hors délai peut entraîner une majoration d'impôt : mieux vaut connaître précisément les obligations qui s'appliquent à votre régime.
Déclaration en micro-BIC (formulaire 2042 C PRO)
En micro-BIC, la déclaration fiscale de vos revenus locatifs s'effectue directement dans votre déclaration annuelle de revenus, sans procédure séparée. Vous utilisez le formulaire 2042 C PRO (Revenus industriels et commerciaux non professionnels), disponible sur impots.gouv.fr (Formulaires fiscaux, 2026).
Les cases à renseigner varient selon la nature de votre location. La case 5ND accueille les recettes des locations meublées non classées, tandis que la case 5OD est réservée aux meublés de tourisme officiellement classés : vous y reportez uniquement le montant brut de vos recettes, l'abattement de 50 % étant appliqué automatiquement par l'administration.
Aucune liasse fiscale n'est à déposer, aucun bilan à produire. La déclaration s'effectue selon le calendrier habituel du printemps, avec des délais qui varient légèrement selon votre département de résidence : nous vous recommandons de vérifier chaque année la date limite applicable à votre zone sur impots.gouv.fr.
Déclaration en régime réel (liasse fiscale 2031)
Le régime réel implique une procédure bien plus élaborée. Une liasse fiscale spécifique, la liasse 2031 (comprenant un bilan simplifié et un compte de résultat de votre activité locative), doit être déposée séparément de votre déclaration de revenus, au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai. Dans la grande majorité des cas, le recours à un expert-comptable s'avère indispensable pour établir cette liasse dans les règles. La déclaration d'impôt LMNP au régime réel suit un processus en 5 étapes :
- Tenue de la comptabilité tout au long de l'année : enregistrement de chaque recette et de chaque charge, avec conservation des justificatifs correspondants.
- Établissement du bilan et du compte de résultat : votre expert-comptable compile l'ensemble des données dans un bilan annuel et un compte de résultat de l'activité locative.
- Dépôt de la liasse 2031 : transmission électronique à l'administration fiscale avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai.
- Report sur le formulaire 2042 C PRO : le résultat fiscal de votre activité LMNP est reporté en case 5NC (bénéfice) ou 5OC (déficit ou résultat nul) de votre déclaration de revenus globale.
- Paiement de l'impôt : l'imposition résultante est intégrée à votre solde d'IR annuel, avec une éventuelle régularisation du prélèvement à la source selon votre situation.
Quelques cas particuliers à connaître
Le statut LMNP réserve quelques situations spécifiques qui peuvent modifier votre approche fiscale et votre choix de régime. Certaines touchent à la liberté de changement annuel, d'autres à la pluralité de biens ou aux seuils particuliers applicables. Les connaître à l'avance vous évite de mauvaises surprises au moment de la déclaration.
Changement de régime chaque année. Depuis la loi de finances 2023 (article 7, JORF du 31 décembre 2022), il est possible de changer de régime d'imposition chaque année : l'obligation de rester 3 ans sous le régime réel a été supprimée. Cette souplesse permet d'ajuster votre fiscalité à l'évolution de vos recettes, de vos charges et de votre situation personnelle sans contrainte de durée.
Pluralité de biens LMNP. Si vous possédez plusieurs logements meublés, les recettes de l'ensemble de vos biens se cumulent pour apprécier le seuil de 15 000 € du micro-BIC. Un portefeuille de 2 ou 3 petits logements peut rapidement franchir ce plafond et rendre le régime réel obligatoire, indépendamment de la rentabilité individuelle de chaque bien.
TVA et locations meublées. La grande majorité des locations meublées à usage d'habitation est exonérée de TVA. Les meublés de tourisme classés bénéficient d'une exonération jusqu'à 85 800 € de recettes annuelles, tandis que pour les autres locations meublées, le régime de TVA peut se poser dans certains cas précis au-delà des seuils habituels. Il est recommandé d'en vérifier les implications avec un conseil fiscal si votre activité se développe.
Basculement vers le statut LMP. Si vos recettes locatives dépassent 23 000 € par an et représentent plus de 50 % de l'ensemble de vos revenus, le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) s'impose automatiquement. La fiscalité applicable et les cotisations sociales sont alors très différentes : les déficits deviennent imputables sur le revenu global, mais des cotisations à l'URSSAF deviennent obligatoires.
Plus-values à la revente : l'impact du régime LMNP
La question de la plus-value à la revente est souvent négligée lors du choix du régime fiscal, alors qu'elle peut avoir des conséquences importantes au moment de céder le bien. En LMNP, la plus-value relève du régime des particuliers (régime des plus-values immobilières des particuliers), quel que soit le régime fiscal appliqué pendant la durée de détention.
Pourtant, la façon dont cette plus-value est calculée diffère notablement selon le régime pratiqué : en micro-BIC, les amortissements n'étant pas comptabilisés, la plus-value correspond simplement à la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition initial. En régime réel, les amortissements annuels réduisent la valeur nette comptable (VNC) du bien, et la plus-value imposable se calcule sur l'écart entre le prix de vente et cette VNC amortie, ce qui peut aboutir à une base imposable nettement plus élevée qu'en micro-BIC.
Les abattements pour durée de détention s'appliquent dans les 2 cas : exonération totale d'IR après 22 ans de détention, et exonération totale de prélèvements sociaux après 30 ans. Ces abattements atténuent l'effet des amortissements sur la plus-value imposable, mais ne l'effacent pas entièrement dans la plupart des situations à moyen terme.
Anticipez toujours la plus-value à la revente dès l'acquisition. Le régime réel, via l'amortissement, peut générer une plus-value imposable nettement plus importante que le micro-BIC au moment de la vente, même si l'impôt annuel est parfaitement neutralisé pendant la détention. Nous vous recommandons de simuler ce scénario avant tout changement de régime, en particulier si une revente à court ou moyen terme est envisagée.
FAQ : Tout savoir sur la fiscalité du statut LMNP
Puis-je changer de régime fiscal chaque année en LMNP ?
Oui, depuis la loi de finances 2023, vous pouvez librement changer de régime d'imposition chaque année en LMNP. L'ancien engagement triennal (3 ans minimum sous le régime réel) a été supprimé. Pour revenir au micro-BIC après une année au régime réel, il suffit de ne pas renouveler votre option lors de votre déclaration de revenus du printemps suivant, sous réserve de respecter les seuils de recettes applicables à votre situation.
Quel régime choisir si mes recettes sont autour de 12 000 € par an ?
À 12 000 € de recettes annuelles, tout dépend du montant de vos charges réelles. Si vous remboursez un emprunt immobilier et supportez des charges (taxe foncière, assurances, copropriété) représentant plus de 6 000 €, le régime réel sera mécaniquement plus favorable. En l'absence d'emprunt et avec des charges limitées, le micro-BIC reste parfaitement adapté et vous dispense des frais de comptable et des obligations comptables associées.
Les amortissements du régime réel sont-ils définitivement perdus ?
Non, les amortissements non imputés une année donnée ne sont pas perdus. Lorsque la somme des amortissements et des charges dépasse les recettes de l'exercice, l'excédent est reporté sur les années suivantes sans limitation de durée. Cela dit, au moment de la revente, les amortissements pratiqués réduisent la valeur nette comptable du bien et peuvent augmenter la plus-value imposable, même si l'imposition annuelle a été nulle pendant toute la période de détention.
Combien coûte un expert-comptable pour gérer le régime réel LMNP ?
Les honoraires d'un expert-comptable pour un dossier LMNP au régime réel oscillent généralement entre 400 € et 1 000 € par an selon la complexité du dossier et le nombre de biens gérés. Certains cabinets proposent des forfaits dédiés aux investisseurs LMNP. Ce coût doit être mis en regard des économies fiscales générées par le régime réel, qui le dépassent très largement dans la majorité des situations comportant un emprunt et des charges significatives.
Que se passe-t-il si je dépasse 15 000 € de recettes en micro-BIC ?
Si vos recettes annuelles dépassent le seuil de 15 000 €, vous basculez automatiquement vers le régime réel simplifié pour l'année suivante. L'année du dépassement reste imposée selon les règles du micro-BIC : le changement n'est pas rétroactif. À partir de l'exercice suivant, vous devrez tenir une comptabilité rigoureuse et déposer une liasse fiscale 2031, avec l'appui recommandé d'un expert-comptable spécialisé en location meublée.
Le régime fiscal LMNP s'applique-t-il aussi à la location courte durée (Airbnb) ?
Oui, la location meublée de courte durée sur des plateformes comme Airbnb relève bien du statut LMNP, et les mêmes régimes fiscaux s'appliquent. Pour les meublés de tourisme non classés, le plafond du micro-BIC reste fixé à 15 000 € de recettes annuelles. Pour les meublés de tourisme officiellement classés, ce seuil est porté à 77 700 €, avec un abattement forfaitaire pouvant atteindre 71 % selon les conditions applicables en 2026.
Peut-on cumuler LMNP et réduction d'impôt Censi-Bouvard ?
Le dispositif Censi-Bouvard, qui ouvrait droit à une réduction d'impôt de 11 % dans certaines résidences services, n'est plus disponible depuis le 31 décembre 2022. Pour les investisseurs qui en ont bénéficié avant cette date, le cumul avec l'amortissement du bien au régime réel n'était pas autorisé. En revanche, l'amortissement du mobilier restait possible même sous Censi-Bouvard, offrant une optimisation partielle aux propriétaires concernés.
📚 SOURCES
- impots.gouv.fr, Les régimes d'imposition (2026) : plafond micro-BIC LMNP fixé à 15 000 € de recettes annuelles.
- service-public.fr, Revenus d'une location meublée (2026) : conditions d'éligibilité au statut LMNP (recettes inférieures à 23 000 € par an et représentant moins de 50 % des revenus globaux).
- Code général des impôts, article 50-0, Légifrance (2026) : abattement forfaitaire de 50 % en régime micro-BIC pour les locations meublées.
- Loi de finances 2023, article 7, JORF du 31 décembre 2022 : liberté de changement de régime fiscal chaque année en LMNP, suppression de l'engagement triennal.
- impots.gouv.fr, Prélèvements sociaux (2026) : taux de prélèvements sociaux sur les revenus BIC fixé à 17,2 %.
- Pratique comptable usuelle BIC, synthèse experts-comptables (2026) : durées d'amortissement en LMNP (25 à 40 ans pour l'immobilier, 5 à 10 ans pour le mobilier).
- impots.gouv.fr, Formulaires fiscaux (2026) : formulaires déclaratifs LMNP, 2042 C PRO (micro-BIC et régime réel) et liasse 2031 (régime réel uniquement).