Marseille : 3 quartiers où investir dans l’immobilier rapporte vraiment

Marseille traîne une réputation sulfureuse depuis des décennies. Pourtant, les chiffres racontent une tout autre histoire : avec un rendement brut moyen de 6,14 % et des prix au mètre carré 30 à 40 % inférieurs à Lyon ou Bordeaux, la cité phocéenne s'impose discrètement comme l'une des opportunités les plus solides pour l'investissement locatif en France.

TL;DR : Cet article en bref

  • Rendement brut moyen de 6,14 % en 2025 (Trackstone), avec des pics à 12-13 % dans certains arrondissements ; prix entre 3 200 et 3 900 €/m² en 2026 selon SeLoger.
  • 3 arrondissements ciblés : le 3e (7-9 %, idéal pour débuter), le 5e (8-10 %, pari sur la gentrification en cours) et le 8e (5-6 %, stabilité patrimoniale).
  • Réglementation saisonnière à maîtriser absolument : 120 jours par an maximum pour une résidence secondaire, amende pouvant atteindre 50 000 € en cas d'infraction.

Pourquoi Marseille reste une place forte de l'investissement locatif

Rendement/prix : pourquoi Marseille surclasse Lyon et Bordeaux

La mécanique est simple : moins vous payez au mètre carré à l'achat, plus le rendement potentiel grimpe. À Marseille, les prix oscillent entre 3 200 et 3 900 €/m² en 2026 selon SeLoger, soit un niveau très inférieur à celui de Lyon ou de Bordeaux. Résultat : des rendements bruts qui figurent parmi les plus élevés des grandes métropoles françaises, avec une moyenne de 6,14 % selon Trackstone et des pointes à 12-13 % dans les arrondissements les plus dynamiques.

VillePrix moyen (€/m²)Rendement brut moyen
Marseille3 200 - 3 9006,14 % (pics à 12-13 %)
Lyon4 800 - 5 5003,5 - 4,5 %
Bordeaux4 200 - 4 8003,8 - 4,8 %
Toulouse3 500 - 4 2004,5 - 5,5 %

Ce différentiel ne se traduit pas seulement par une mise de départ plus accessible. Il offre aussi une marge de manœuvre bien plus grande pour absorber les aléas locatifs ou financer des travaux sans compromettre la rentabilité globale de l'opération.

Une demande locative qui ne faiblit pas

La tension locative à Marseille ne doit pas grand-chose au hasard. La ville cumule plusieurs moteurs de demande qui se renforcent mutuellement, et la vacance locative y reste structurellement faible. Pour qui cherche un investissement locatif rentable, ce contexte représente un avantage de taille.

Quelques chiffres éclairent l'ampleur de ce marché :

  • 41 000 étudiants inscrits dans les établissements d'enseignement supérieur marseillais (INSEE 2026), une population en quête de petites surfaces toute l'année
  • 1,9 million d'habitants en zone métropolitaine, avec une croissance démographique qui maintient la pression sur le marché locatif
  • 1er port de France et de Méditerranée, assurant des dizaines de milliers d'emplois directs et indirects sur le bassin
  • Un secteur tech et numérique en forte expansion depuis 2022, avec l'installation progressive de grands groupes sur le périmètre Euroméditerranée

Cette combinaison d'une population étudiante dense, d'une activité économique diversifiée et d'une attractivité touristique soutenue génère une demande robuste quelle que soit la saison.

La rénovation urbaine transforme l'image de la ville

La Marseille de 2026 n'est plus celle d'il y a 10 ans. Des investissements publics et privés massifs transforment des quartiers entiers, avec un effet direct sur la valorisation du patrimoine et l'attractivité des biens auprès des locataires. Ces projets modifient durablement la perception de certains arrondissements longtemps boudés par les investisseurs, et créent des fenêtres d'achat avant la hausse pour qui sait lire les signaux.

Voici les chantiers structurants à suivre de près :

  • Euroméditerranée 2 : extension de l'opération de rénovation urbaine vers les 14e, 15e et 16e arrondissements, avec création de bureaux, logements et espaces publics de qualité ; impact attendu sur les prix avoisinants : +15 à 25 % à horizon 2030
  • Réhabilitation des quartiers Nord : programmes de démolition-reconstruction et réhabilitation de copropriétés dégradées dans les 13e et 14e, qui améliorent l'image résidentielle et drainent de nouveaux profils locataires
  • Prolongement du métro et du tramway : nouvelles lignes et extensions prévues jusqu'en 2028, qui désenclavent des quartiers sous-évalués et font mécaniquement progresser les prix
  • Requalification des friches portuaires : transformation en zones mixtes habitat/activités, à l'image de ce qu'Euroméditerranée 1 a déjà accompli sur les anciens docks, avec un effet d'entraînement sur les valeurs immobilières environnantes

Ces projets ne sont pas de simples embellissements : ils redessinent la géographie de valeur de la ville.

Nous recommandons de ne pas concentrer l'ensemble de votre capital sur un seul arrondissement marseillais. La diversification entre un bien à fort rendement dans le 3e ou le 5e et un bien patrimonial dans le 8e permet de combiner performance locative et stabilité de valorisation, les 2 piliers d'un portefeuille résilient sur le long terme.

Les 3 quartiers qui rapportent vraiment en 2026

Tous les arrondissements marseillais ne se valent pas. Entre les zones portées par une forte demande étudiante, celles en pleine mutation et celles qui offrent une sécurité patrimoniale à toute épreuve, 3 secteurs se distinguent nettement en 2026. Chacun répond à un profil d'investisseur différent, avec sa propre équation de prix, de rendement et de risque.

3e arrondissement : le bon plan des investisseurs débutants ?

Le 3e arrondissement constitue souvent la porte d'entrée privilégiée pour les investisseurs qui découvrent Marseille. Les prix y oscillent entre 2 800 et 3 400 €/m², ce qui permet d'acquérir un T2 pour moins de 150 000 € tout compris. Le rendement brut attendu se situe entre 7 et 9 %, une performance que Lyon ou Paris ne peuvent tout simplement plus offrir à ce niveau de prix.

Le profil locataire y est particulièrement stable : étudiants de l'Aix-Marseille Université, jeunes actifs en début de carrière, travailleurs du secteur portuaire à la recherche de surfaces fonctionnelles et bien desservies. La proximité des transports en commun (métro ligne 1, nombreuses lignes de bus) et la concentration de commerces de bouche renforcent l'attractivité quotidienne du quartier. Il convient toutefois de rester vigilant sur l'état du bâti : certaines copropriétés du 3e souffrent d'un entretien insuffisant et peuvent dissimuler des charges collectives élevées ou des travaux de toiture à venir.

Les atouts du 3e arrondissement pour l'investisseur :

  • Prix d'achat accessibles, idéaux pour un premier investissement sans apport conséquent
  • Rendement brut parmi les plus élevés de Marseille intramuros (7-9 %)
  • Forte demande étudiante grâce à la proximité de l'Aix-Marseille Université
  • Desserte en transports publics efficace (métro ligne 1, bus)
  • Commerces et services de proximité en nombre suffisant pour séduire les locataires
  • Point de vigilance : vérifier l'état de la copropriété et demander les 3 derniers procès-verbaux d'assemblée générale avant toute signature

5e arrondissement : le pari de la gentrification en cours

Le 5e arrondissement incarne le profil classique du quartier en transition : encore décoté aujourd'hui, mais en train de basculer doucement vers un autre standing. Les prix se situent entre 2 500 et 3 200 €/m², et le rendement potentiel atteint 8 à 10 % pour qui sait choisir le bon bien. Pour comprendre l'opportunité, rien ne vaut une lecture en 3 temps.

2020 : Le 5e à l'écart

Un quartier mixte à l'image terne, avec des prix stagnants autour de 2 200-2 500 €/m² et peu de commerces de qualité. La demande locative y était essentiellement captive, portée par une population à faibles revenus et peu mobile. Les investisseurs extérieurs à Marseille l'ignoraient largement, ce qui laissait le champ libre aux acheteurs avertis.

2026 : Un quartier en pleine transition

Les programmes de réhabilitation s'accélèrent depuis 2023 : façades rénovées, nouvelles résidences mixtes, arrivée de cafés branchés et d'espaces de coworking. Les prix ont progressé vers 2 500-3 200 €/m² et les loyers ont suivi, portés par l'arrivée de locataires appartenant aux catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+) attirés par ce nouvel environnement urbain.

Horizon 2030 : L'enjeu de la valorisation

Les projections tablent sur un rapprochement vers 3 500-3 800 €/m² si les projets Euroméditerranée tiennent leurs promesses, ce qui représenterait une valorisation patrimoniale de 20 à 30 % pour les acheteurs d'aujourd'hui. Le risque principal reste réel : le bâti ancien du 5e recèle parfois des travaux lourds (toiture, électricité, isolation). Un diagnostic technique approfondi avant l'achat n'est pas une option, c'est une condition pour sécuriser la rentabilité de l'opération.

8e arrondissement : la stabilité avant le rendement maximum

Le 8e arrondissement joue dans une autre catégorie. Avec des prix compris entre 3 800 et 4 500 €/m², il s'adresse à un profil d'investisseur qui valorise la sécurité patrimoniale avant la recherche d'un rendement maximum. Le taux de vacance locative y est l'un des plus faibles de Marseille, et la demande provient essentiellement de familles et de cadres supérieurs, un profil réputé pour sa stabilité et le soin apporté aux logements.

Ce quartier résidentiel, bordé par la corniche et à deux pas du Prado, offre une qualité de vie qui parle d'elle-même aux locataires. Le rendement brut, certes modeste à 5-6 %, est compensé par une valorisation régulière et prévisible du patrimoine. Pour un investisseur dont l'horizon dépasse 15 ans, ou pour celui qui cherche à compléter un portefeuille déjà orienté rendement, le 8e représente une ancre de stabilité précieuse. Garder en tête que suivre le cashflow d'un investissement locatif reste essentiel même sur ce type de bien, où les charges de copropriété et la taxe foncière peuvent peser plus lourd qu'ailleurs.

Quel budget prévoir pour investir à Marseille ?

Investir à Marseille ne nécessite pas un capital hors de portée, et c'est d'ailleurs l'un des arguments majeurs de la ville face aux autres grandes métropoles. Mais anticiper le budget réel suppose de regarder bien au-delà du prix affiché : les frais de notaire, les éventuels travaux et la structure du financement peuvent transformer radicalement l'équation de rentabilité, dans un sens comme dans l'autre.

Combien coûte vraiment un T2 dans chaque quartier ?

Les fourchettes de prix varient sensiblement d'un arrondissement à l'autre. Les frais annexes ajoutent systématiquement 8 à 10 % au prix d'achat dans l'ancien (frais de notaire) plus 3 à 5 % de commission agence selon les mandats. Le tableau ci-dessous consolide les estimations pour les 3 arrondissements cibles en 2026 :

Type de bien3e arrdt5e arrdt8e arrdtFrais annexes estimés
T1 (25-30 m²)70 000 - 100 000 €60 000 - 90 000 €100 000 - 130 000 €+8 à 10 % (notaire + agence)
T2 (40-50 m²)110 000 - 165 000 €100 000 - 155 000 €160 000 - 215 000 €+8 à 10 %
T3 (60-70 m²)165 000 - 235 000 €150 000 - 220 000 €230 000 - 310 000 €+8 à 10 %

Ces fourchettes intègrent la variabilité liée à l'étage, à l'exposition et à l'état général du bien, 2 critères qui font souvent la différence entre une bonne affaire et une acquisition surévaluée.

Attention au parc ancien : quels travaux prévoir ?

Plus de 50 % du parc immobilier marseillais a été construit avant 1970, ce qui signifie que la plupart des biens que vous visiterez présenteront un certain degré de vétusté. Anticiper les travaux dès la phase d'achat est fondamental, notamment depuis le durcissement des obligations liées au diagnostic de performance énergétique (DPE) : un bien classé G ne peut plus être mis en location depuis 2025, et un bien classé F sera interdit à la location en 2028.

Voici les 3 niveaux de travaux à intégrer dans votre budget :

  1. Rafraîchissement léger (peinture, sols, cuisine, salle de bain) : environ 300 à 600 €/m² ; impact sur la rentabilité : loyer augmenté de 10 à 15 % et meilleure attractivité locative immédiate
  2. Rénovation complète (électricité, plomberie, isolation, menuiseries) : 800 à 1 200 €/m² ; impact : DPE amélioré d'une à 2 lettres, valorisation patrimoniale de +20 à 30 %
  3. Mise aux normes DPE exigeante (isolation extérieure, VMC double flux, pompe à chaleur) : 1 200 à 2 000 €/m² ; impact : passage en classe C ou D, éligibilité aux aides MaPrimeRénov' et maintien de la mise en location sur le long terme

Pour des conseils détaillés sur les arbitrages entre chantiers, la section consacrée à la rénovation et aménagement propose des repères concrets adaptés aux logements anciens.

De l'achat à la rentabilité nette : 1 exemple chiffré complet

Prenons un T2 de 45 m² situé dans le 3e arrondissement, affiché à 120 000 €. En ajoutant les frais de notaire (environ 9 600 €) et une légère rénovation (15 000 €), le coût total d'acquisition ressort à 144 600 €.

Avec un apport de 25 % (36 000 €) et un crédit sur 20 ans à 3,8 % pour les 108 000 € restants, la mensualité de remboursement s'établit à environ 643 €. Le loyer mensuel d'un T2 rénové dans ce secteur se situant entre 700 et 750 €, il faut ensuite déduire les charges mensuelles : taxe foncière lissée (60 €), assurance propriétaire non occupant (20 €) et gestion locative à 7 % du loyer (51 €). Le cashflow net de charges ressort à environ +26 € par mois hors impôts, et la rentabilité nette avant fiscalité atteint 4,5 à 5 %, un résultat solide pour un premier investissement. Avant de franchir le pas, la question de investir dans l'ancien avec travaux mérite toute votre attention pour affiner ce type de simulation.

Pour maximiser les chances d'obtenir un cashflow positif dès le départ, nous recommandons de négocier le prix d'achat en dessous du marché en ciblant des vendeurs motivés (successions, mutations professionnelles) et de limiter le crédit à 70-75 % de la valeur du bien. Un apport plus élevé allège la mensualité et sécurise la marge locative face aux imprévus.

Location courte durée vs longue durée : quelle stratégie pour Marseille ?

La question de la stratégie locative à Marseille se pose différemment d'une ville balnéaire classique. La cité phocéenne cumule tourisme de masse, population étudiante dense et bassin d'emploi solide, autant d'arguments qui pourraient justifier les 2 approches. Sauf que la réglementation locale a considérablement durci les conditions de la location saisonnière ces dernières années, ce qui change le calcul pour les investisseurs insuffisamment informés.

Location saisonnière : Marseille impose des règles strictes

Marseille est classée en zone tendue, ce qui déclenche l'application des dispositions les plus strictes du Code de la construction et de l'habitation (articles L631-7 et suivants). Avant de mettre un bien sur des plateformes de type Airbnb, il est indispensable de comprendre ce cadre réglementaire dans le détail, sous peine de sanctions particulièrement lourdes.

Pour une résidence secondaire, la limite est fixée à 120 jours de location par an. Au-delà, le propriétaire est tenu d'effectuer un changement d'usage du logement, une procédure administrative qui implique une autorisation municipale et parfois une compensation foncière. Les infractions sont sanctionnées par des amendes pouvant atteindre 50 000 € par logement, un risque que beaucoup d'investisseurs extérieurs à Marseille continuent de sous-estimer en 2026. Et ce n'est pas tout : la Ville renforce activement ses contrôles depuis 2024, avec une capacité de détection des annonces non déclarées sur les grandes plateformes.

Voici les démarches obligatoires à effectuer avant de louer en courte durée à Marseille :

  • Déclarer le logement auprès de la mairie et obtenir un numéro d'enregistrement (obligatoire depuis 2021)
  • Vérifier si le logement est votre résidence principale (location limitée à 120 jours par an) ou une résidence secondaire (changement d'usage requis au-delà de cette limite)
  • Solliciter une autorisation de changement d'usage si le bien est une résidence secondaire et que vous souhaitez dépasser le plafond légal
  • Déclarer les revenus locatifs en micro-BIC ou régime réel selon le volume de recettes annuelles
  • S'assurer que le règlement de copropriété n'interdit pas la location touristique (vérifier la clause de destination bourgeoise)
  • Vérifier la conformité du logement aux normes de décence et de sécurité exigées pour la location en meublé

Quelle stratégie pour quel profil d'investisseur ?

La comparaison entre location courte durée et longue durée à Marseille réserve quelques surprises. Un T2 bien positionné en courte durée (à deux pas du Vieux-Port ou de la corniche) peut générer 18 000 à 24 000 € de revenus bruts annuels, soit un taux d'occupation moyen de 65 à 70 % à 80-120 € la nuit. La même surface en longue durée rapporterait 8 400 à 9 600 € par an (700 à 800 € par mois). L'écart est réel, mais il s'efface largement quand on intègre les charges supplémentaires de la courte durée : ménage, linge, commission de plateforme (15 à 20 %), gestion de conciergerie (20 à 30 % supplémentaires) et surtaxe foncière sur les meublés de tourisme. Autant dire que le différentiel net se réduit considérablement.

En réalité, le choix dépend moins du rendement brut que de votre implication personnelle et de votre situation géographique. Un investisseur actif, marseillais ou doté d'un gestionnaire local fiable, peut tirer le meilleur de la courte durée dans les arrondissements touristiques. En revanche, un profil passif ou éloigné géographiquement aura tout intérêt à opter pour la longue durée non meublée : moins de gestion, moins d'aléas, un locataire stable et un cadre fiscal simplifié. C'est souvent cette 2e option qui tient ses promesses sur 10 ans sans épuiser son détenteur.

5 erreurs qui plombent la rentabilité d'un investissement marseillais

Acheter sans avoir visité le bien en personne reste l'une des erreurs les plus fréquentes chez les investisseurs parisiens ou étrangers qui opèrent à distance. Les photos d'une annonce peuvent magnifier 50 m² sombres au rez-de-chaussée d'une copropriété mal entretenue. La conséquence est souvent amère : découverte à la remise des clés d'un DPE classé F, d'une toiture qui fuit depuis 2 ans ou de nuisances de voisinage régulières. La solution passe par le recours à un chasseur immobilier local ou à un expert en bâtiment qui visitera pour vous et produira un rapport factuel avant toute offre.

Sous-estimer le budget travaux est l'erreur qui pèse le plus lourd sur la rentabilité finale. Marseille compte plus de 50 % de logements construits avant 1970, et beaucoup d'entre eux dissimulent des problèmes structurels que le vendeur n'a pas toujours déclarés. Un investisseur trop optimiste qui table sur 15 000 € de travaux peut se retrouver avec une facture de 40 000 € après ouverture des murs. Nous recommandons de faire réaliser un audit technique complet par un artisan de confiance avant toute signature, et de prévoir une enveloppe de sécurité de 20 à 30 % au-dessus de l'estimation initiale.

Choisir un arrondissement sans analyser la demande locative réelle conduit fréquemment à des mois de vacance difficiles à absorber. Certains secteurs des quartiers Nord les moins bien desservis affichent des prix bas, mais une demande locative insuffisante pour justifier l'investissement. L'erreur classique consiste à se laisser séduire par un rendement brut théorique de 11-12 % sans vérifier le taux de vacance réel du secteur : 3 mois sans locataire par an peuvent faire tomber ce rendement en dessous de 7 %, là où des quartiers moins spectaculaires offrent une occupation quasi-continue.

Ignorer la réglementation sur la location saisonnière peut coûter extrêmement cher. De nombreux investisseurs attirés par les promesses de revenus sur les plateformes lancent leur activité sans avoir effectué les démarches réglementaires requises à Marseille (déclaration en mairie, numéro d'enregistrement, changement d'usage pour les résidences secondaires). La Ville de Marseille renforce ses contrôles depuis 2024 et les amendes peuvent atteindre 50 000 € par logement. Pour les biens destinés à la courte durée, certains travaux d'isolation ou d'équipement sont également rendus obligatoires par les nouvelles normes de confort des meublés de tourisme classés, et les questions de rénovation et aménagement méritent d'être anticipées dès la phase de projet.

Négliger la gestion locative à distance est le piège qui transforme un investissement rentable en source de stress permanent. Marseille n'est pas une ville que l'on gère depuis Paris avec une application sur smartphone. Les urgences, qu'il s'agisse d'un dégât des eaux, d'un conflit de voisinage ou d'un impayé, nécessitent une réactivité locale et un réseau de prestataires fiables. Un gestionnaire locatif de qualité coûte entre 7 et 10 % des loyers, mais il protège votre revenu, maintient le bien en état et gère les relations avec les locataires sur place. C'est un coût à intégrer dès le calcul de rentabilité, pas une dépense à découvrir après coup.

Nous ne saurions trop insister sur l'importance d'un réseau local solide : un agent immobilier bien implanté dans le quartier ciblé, un artisan de confiance pour les travaux et un gestionnaire locatif sérieux constituent les 3 piliers d'un investissement serein à Marseille. Sans ces partenaires, même le meilleur bien peut devenir un gouffre financier et humain.

FAQ : Tout savoir sur l'investissement immobilier à Marseille

Quel est le rendement moyen d'un investissement locatif à Marseille en 2026 ?

Le rendement brut moyen d'un investissement locatif à Marseille s'établit à 6,14 % selon les données Trackstone 2025. Ce chiffre masque cependant de fortes disparités : certains arrondissements comme le 3e affichent des pointes à 12-13 % sur des petites surfaces bien positionnées, tandis que le 8e arrondissement plafonne autour de 5-6 % en contrepartie d'une stabilité patrimoniale nettement supérieure. Le type de bien et la stratégie locative (courte ou longue durée) influencent également ce résultat de manière significative.

Quels sont les arrondissements à éviter absolument pour un investissement locatif ?

Il n'existe pas de liste noire universelle, mais certains secteurs exigent une vigilance particulière. Les zones des quartiers Nord insuffisamment desservies par les transports (certaines parties des 13e, 14e et 15e arrondissements) présentent des taux de vacance locative élevés qui pèsent sur la rentabilité réelle. Avant tout achat, nous recommandons de vérifier le taux de vacance du secteur ciblé, l'état général de la copropriété et la présence de projets de rénovation urbaine à court terme qui pourraient changer la donne.

Peut-on investir à distance à Marseille sans connaître la ville ?

Oui, c'est possible, mais uniquement à condition de s'entourer d'une équipe locale compétente. Un chasseur immobilier spécialisé sur le marché marseillais, un gestionnaire locatif de proximité et un artisan partenaire pour les travaux constituent le triptyque minimal. Sans ces relais locaux, les risques d'erreur à l'achat et les difficultés de gestion post-acquisition sont nettement amplifiés, en particulier sur un marché aussi hétérogène que celui de Marseille.

Faut-il privilégier un bien neuf ou ancien à Marseille ?

L'ancien constitue la grande majorité du marché marseillais et offre des prix d'achat inférieurs avec un fort potentiel de valorisation après travaux. Le neuf, plus rare et souvent 20 à 25 % au-dessus de l'ancien, présente l'avantage des garanties décennales et de meilleures performances énergétiques d'emblée. Le choix dépend avant tout de votre capacité à piloter un chantier de rénovation, de votre budget global et de votre horizon de revente.

Comment gérer les risques liés à la vétusté du parc immobilier marseillais ?

La vétusté se gère avant tout en amont de l'achat. Faites réaliser un diagnostic complet par un expert indépendant, demandez les 3 derniers procès-verbaux d'assemblée générale de copropriété et exigez le plan pluriannuel de travaux. Une fois propriétaire, constituez une provision pour travaux représentant 5 à 10 % des loyers annuels et anticipez les obligations DPE avant qu'elles ne deviennent une contrainte urgente et coûteuse.

La loi Pinel est-elle encore intéressante à Marseille en 2026 ?

La loi Pinel a pris fin au 31 décembre 2024 et le dispositif Pinel Plus n'a pas été reconduit au-delà de cette date. En 2026, il est préférable de se tourner vers d'autres leviers comme le dispositif Denormandie (applicable dans certains quartiers anciens dégradés de Marseille éligibles), le régime LMNP (loueur en meublé non professionnel) en amortissement ou le déficit foncier sur travaux, souvent plus avantageux sur le long terme selon votre situation fiscale personnelle.


📚 SOURCES

  • Trackstone (2025) : rendement locatif brut moyen à Marseille, données par arrondissement
  • SeLoger (2026) : prix moyen au m² à Marseille, estimé entre 3 200 et 3 900 €/m²
  • INSEE (2026) : population étudiante à Marseille (41 000 inscrits), données démographiques de la zone métropolitaine (1,9 million d'habitants)
  • Code de la construction et de l'habitation, articles L631-7 et suivants : réglementation des meublés de tourisme en zones tendues, plafond de 120 jours par an pour les résidences secondaires, amende maximale de 50 000 €
Écrit par Camille Durrieu
Rédactrice en chef Immobilier et Lifestyle Basque