Vous êtes sur le point de signer un bail ou de commander un DPE, et le formulaire réclame soudainement un "identifiant fiscal du logement" dont vous n'avez jamais entendu parler. Pas d'inquiétude : ce numéro de 12 chiffres se récupère en moins d'une minute via 4 méthodes accessibles à tous, sans aucune démarche complexe ni rendez-vous.
TL;DR : Cet article en bref
- L'identifiant fiscal du logement est un numéro unique de 12 chiffres, obligatoire sur tout bail d'habitation depuis le 1er janvier 2024 (décret n° 2023-1371) et sur tout DPE depuis 2021.
- 4 méthodes pour le récupérer : espace personnel impots.gouv.fr (moins de 30 secondes), avis de taxe foncière, portail GMBI via votre diagnostiqueur, ou contact direct du centre des impôts fonciers.
- En copropriété et en VEFA, le numéro du lot diffère de celui de l'immeuble entier : une confusion fréquente qui peut bloquer la signature du bail ou retarder le DPE.
Qu'est-ce que l'identifiant fiscal du logement ?
L'identifiant fiscal du logement est un numéro unique de 12 chiffres attribué par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) à chaque local d'habitation recensé sur le territoire français. Sa structure obéit à une logique précise : les 2 premiers chiffres correspondent au code du département (64 pour les Pyrénées-Atlantiques, 75 pour Paris), et les chiffres suivants identifient le local au sein du fichier immobilier de l'administration. Ce numéro reste stable dans le temps, sauf modification structurelle du bien.
Il serait tentant de le confondre avec d'autres références immobilières, mais ces numéros ne sont pas interchangeables. La référence cadastrale (de type "AA 12 345") sert à localiser une parcelle de terrain sur le plan cadastral, tandis que le numéro de lot de copropriété figure dans le règlement de copropriété et l'état descriptif de division. L'identifiant fiscal, lui, est propre à chaque logement physique en tant que local fiscal distinct : un appartement, une maison individuelle ou un parking constituent autant d'entités séparées aux yeux de la DGFiP.
Pourquoi est-il devenu obligatoire depuis 2024 ?
Le tournant réglementaire est intervenu à la fin de l'année 2023. Le décret n° 2023-1371 du 29 décembre 2023, publié au Journal officiel le 30 décembre, a imposé la mention de l'identifiant fiscal sur tout contrat de bail d'habitation signé à partir du 1er janvier 2024. Côté performance énergétique, l'obligation avait été anticipée : l'arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique (DPE) prévoyait déjà sa transmission obligatoire au diagnostiqueur.
Derrière ces textes, le gouvernement poursuit 3 objectifs distincts, dont les effets se font sentir à des niveaux très différents pour les propriétaires bailleurs.
Lutter contre la fraude fiscale dans la location. En croisant automatiquement les fichiers fiscaux avec les données de l'ADEME sur les DPE, l'administration peut identifier les logements mis en location sans déclaration de revenus correspondante. L'identifiant constitue la clé de ce rapprochement automatisé, ce qui rend le dispositif particulièrement redoutable pour les locations non déclarées, y compris les meublés touristiques basculés vers la longue durée.
Fiabiliser les données cadastrales nationales. De nombreux logements anciens présentent des divergences entre leur description cadastrale et leur réalité physique. L'obligation d'indiquer l'identifiant à chaque bail force une vérification régulière, ce qui améliore progressivement la qualité du fichier foncier national. Pour les propriétaires de biens anciens dans des quartiers historiques de la Côte basque, c'est une bonne occasion de détecter d'éventuelles anomalies avant qu'elles ne posent problème.
Préremplir les déclarations de revenus locatifs. À terme, le croisement des identifiants permettra à l'administration de préremplir automatiquement la déclaration des revenus locatifs du propriétaire, à l'image de ce qui existe déjà pour les salaires. Ce gain de simplicité a un revers : il facilite aussi les contrôles automatisés pour les revenus non déclarés.
Le décret n° 2023-1371 reste muet sur les sanctions directes en cas d'omission du numéro sur le bail, ce qui a créé une zone grise juridique. En pratique, l'irrégularité formelle peut néanmoins être soulevée par un locataire en cas de contentieux, ce que nous détaillons plus loin.
Avant de signer tout bail, nous vous recommandons de vérifier que l'identifiant fiscal correspond bien à l'adresse et au lot concerné en le croisant avec votre avis de taxe foncière. Une discordance peut signaler une erreur cadastrale à corriger auprès du centre des impôts fonciers avant toute location.
3 situations où vous devez fournir ce numéro
L'identifiant fiscal n'est pas un simple détail administratif réservé aux experts. Il intervient dans des moments très concrets de la vie d'un propriétaire bailleur, et en connaître les cas d'usage évite bien des mauvaises surprises au dernier moment.
- La signature d'un bail d'habitation. Depuis le 1er janvier 2024, tout contrat de location vide ou meublée à titre de résidence principale doit mentionner l'identifiant fiscal du logement loué. Cette obligation s'applique aux nouvelles signatures comme aux renouvellements formalisés par avenant. Les locations saisonnières courtes sont exclues du dispositif, sauf lorsqu'elles dissimulent une location longue durée non déclarée, auquel cas le risque fiscal devient réel et immédiat.
- La réalisation d'un DPE. Le diagnostiqueur immobilier est tenu de renseigner l'identifiant fiscal dans son rapport depuis l'arrêté du 31 mars 2021. Sans ce numéro, il peut légalement refuser d'établir le document, bloquant toute mise en location ou vente. Pour optimiser votre investissement locatif sur la Côte basque, s'assurer que ce numéro est disponible avant le rendez-vous du diagnostiqueur évite des délais coûteux et un second déplacement facturé.
- Les déclarations fiscales et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. L'identifiant fiscal sert de référence pour déclarer un logement comme résidence secondaire auprès des services fiscaux, déclenchant l'assujettissement à la taxe d'habitation correspondante. À terme, il sera aussi utilisé pour le préremplissage automatique des déclarations de revenus fonciers, renforçant le croisement des données entre propriétaires et administration fiscale.
4 méthodes pour récupérer l'identifiant en moins d'une minute
Il existe 4 façons d'obtenir votre identifiant fiscal, classées ici de la plus rapide à la plus lente. La méthode numérique via impots.gouv.fr prend moins de 30 secondes pour quiconque possède ses identifiants fiscaux à portée de main.
L'une de ces 4 méthodes fonctionnera toujours, même pour les logements atypiques ou récemment acquis. Le portail GMBI et le centre des impôts fonciers constituent les filets de sécurité pour les situations où les 2 premières méthodes ne donnent rien.
1. Via votre espace personnel impots.gouv.fr
L'espace personnel impots.gouv.fr est la méthode la plus rapide et la plus complète. Elle présente l'avantage de lister l'ensemble des biens immobiliers dont vous êtes propriétaire ou usufruitier, y compris ceux situés hors de votre département de résidence. La procédure se déroule en 5 étapes :
- Connexion : rendez-vous sur impots.gouv.fr et connectez-vous avec votre numéro fiscal et votre mot de passe, ou via France Connect si vous l'avez activé.
- Navigation : depuis votre tableau de bord, accédez à la rubrique "Gérer mes biens immobiliers" dans le menu principal. Cette section regroupe tous les locaux déclarés à votre nom dans les fichiers de la DGFiP.
- Sélection du bien : cliquez sur l'adresse du logement concerné. La fiche détaillée s'affiche avec l'ensemble de ses caractéristiques fiscales, y compris l'historique des déclarations.
- Récupération du numéro : repérez l'identifiant sous l'intitulé "Identifiant fiscal du local" ou "Numéro fiscal de votre bien". Notez-le ou copiez-le directement depuis la page.
- Export PDF : si vous avez besoin d'une trace documentée, téléchargez le récapitulatif PDF, notamment utile pour le transmettre à votre diagnostiqueur avant une visite DPE.
Cette méthode fonctionne 24h/24, 7j/7 et ne nécessite aucun contact avec l'administration. Elle a aussi l'avantage de mettre en lumière des biens dont vous avez peut-être perdu la trace, comme un garage ou une dépendance acquis avec un lot principal.
2. Sur votre dernier avis de taxe foncière
L'avis de taxe foncière est souvent le document le plus immédiatement accessible pour un propriétaire, qu'il soit conservé en version papier ou téléchargé depuis votre espace impots.gouv.fr. Son avantage principal : il contient l'identifiant fiscal de façon lisible, sans nécessiter de connexion supplémentaire.
L'identifiant s'y trouve dans le cadre intitulé "Identification du bien" ou "Identification du local", généralement positionné en haut à gauche du document. La ligne concernée porte le libellé "Numéro fiscal du local" ou "Identifiant du bien" selon le millésime de l'avis, imprimé en caractères nettement distincts des autres références cadastrales.
Attention cependant à la fraîcheur du document. Un avis datant de plus de 2 ans mérite d'être vérifié avant utilisation : en cas de modification cadastrale (division, fusion, rénovation lourde déclarée), l'identifiant peut avoir été mis à jour par les services fiscaux. Utiliser un ancien numéro sans vérification expose à une erreur formelle dans le bail ou le DPE.
En copropriété, le cas est plus délicat encore. Chaque lot génère son propre avis de taxe foncière distinct : l'appartement principal d'un côté, la cave et le parking de l'autre s'ils constituent des lots séparés. Si vous détenez plusieurs lots, vérifiez scrupuleusement que vous utilisez l'avis correspondant exactement au logement que vous mettez en location.
En copropriété, nous vous recommandons de conserver les avis de taxe foncière de chaque lot dans des dossiers distincts et clairement étiquetés. Un propriétaire qui confond l'identifiant de son appartement avec celui de son parking s'expose à une irrégularité formelle sur le bail, facilement évitable avec un archivage rigoureux dès l'acquisition.
3. Portail GMBI : pour les diagnostiqueurs et professionnels
Le portail GMBI (Gestion du Milieu Bâti et de l'Immobilier), développé par le Ministère de la Transition écologique, est réservé aux professionnels certifiés : diagnostiqueurs immobiliers, géomètres-experts et notaires. Un propriétaire particulier ne peut pas s'y connecter directement.
Pourtant, cette restriction ne vous prive pas de son utilité. Vous pouvez simplement demander à votre diagnostiqueur de récupérer l'identifiant fiscal avant votre rendez-vous DPE. Il lui suffit de saisir l'adresse complète et les références cadastrales du bien pour obtenir le numéro instantanément, sans délai d'attente. La plupart des diagnostiqueurs proposent ce service de façon naturelle dans leur processus de préparation, et il est rare qu'ils refusent cette démarche préalable.
Quelques points méritent votre vigilance avant de solliciter cette voie :
⚠️ L'accès au GMBI est strictement conditionné à une certification professionnelle : toute demande émanant d'un non-habilité est automatiquement rejetée par le système. ⚠️ Le diagnostiqueur doit disposer d'un mandat ou d'une autorisation du propriétaire pour effectuer cette recherche en votre nom, ce qui implique de le mandater formellement au préalable. ⚠️ Une erreur de saisie dans l'adresse (numéro de rue, code postal ou désignation du lot) peut retourner un identifiant erroné. Vérifiez toujours la concordance avec votre avis de taxe foncière avant d'utiliser le numéro obtenu.
4. En contactant directement le centre des impôts fonciers
Cette 4e méthode est à réserver aux situations où les 3 précédentes n'ont pas abouti : bien récemment acquis sans avis foncier disponible, accès à l'espace impots.gouv.fr impossible, ou logement présentant des particularités administratives. Le centre des impôts fonciers de votre département constitue alors le recours officiel et fiable. Ses coordonnées sont consultables sur impots.gouv.fr en recherchant "centre des finances publiques" suivi du nom de votre commune ou de votre arrondissement.
La demande peut se faire par téléphone, par courrier postal ou par messagerie sécurisée depuis votre espace personnel impots.gouv.fr. Avant de contacter le service, il est préférable de réunir les éléments suivants : une copie de votre titre de propriété ou de votre dernier avis de taxe foncière, ainsi qu'une pièce d'identité en cours de validité. Ces justificatifs permettent à l'agent de localiser rapidement votre bien dans le fichier immobilier et d'éviter toute ambiguïté sur l'identification du local.
Le délai de réponse varie selon le canal utilisé. Par téléphone, la réponse est souvent immédiate si l'agent peut accéder au dossier en ligne. Par messagerie sécurisée, comptez entre 48 et 72 heures ouvrées. Par courrier postal, le délai monte à 5 jours ouvrés. Cette dernière option reste la plus sûre pour obtenir une confirmation écrite, opposable en cas de litige ultérieur sur la conformité du bail.
Comment l'intégrer au bail et transmettre au diagnostiqueur ?
Récupérer l'identifiant fiscal n'est que la première étape. L'intégrer correctement dans les documents officiels demande un minimum de rigueur, car les erreurs les plus fréquentes se produisent justement dans cette phase d'utilisation. Un numéro erroné ou mal positionné dans le contrat expose le propriétaire aux mêmes risques qu'une omission pure et simple.
Dans un contrat de bail rédigé selon le modèle réglementaire issu de la loi Alur, l'identifiant fiscal doit figurer dans la partie "Désignation du bien loué", immédiatement après l'adresse complète du logement. La formule recommandée est la suivante : "Identifiant fiscal du logement : [12 chiffres]". Cette mention simple mais précise suffit à satisfaire l'exigence du décret n° 2023-1371 et donne une base claire en cas de vérification administrative.
Pour le DPE, la transmission doit intervenir avant la visite du diagnostiqueur, idéalement par e-mail avec l'identifiant en corps de message. Vérifiez ensuite sa présence sur le rapport final : un DPE sans identifiant fiscal n'est pas conforme depuis 2021 et ne peut pas être publié sur une annonce de location ou de vente. C'est d'autant plus critique que le diagnostiqueur peut légalement refuser d'établir le document sans cette information, entraînant un second déplacement et un surcoût inutile.
Voici la checklist des 5 points à valider avant toute mise en location ou vente :
- Récupérer l'identifiant fiscal via l'une des 4 méthodes décrites, en priorisant l'espace personnel impots.gouv.fr.
- Vérifier la concordance entre l'identifiant et l'adresse exacte du logement (numéro de lot, bâtiment si résidence en copropriété).
- Insérer la clause dans le bail, section "Désignation du bien loué", avec le numéro complet sur 12 chiffres.
- Transmettre l'identifiant au diagnostiqueur par e-mail avant le rendez-vous DPE, en précisant le lot si copropriété.
- Contrôler que l'identifiant figure bien sur le rapport DPE final avant de publier l'annonce de location ou de vente.
Un dernier point souvent négligé : si le logement est loué avec un parking ou une cave disposant d'un identifiant distinct, les 2 numéros doivent chacun apparaître dans le bail. Omettre celui de l'annexe constitue une irrégularité supplémentaire, même si c'est une erreur encore rarement sanctionnée dans les contentieux actuels.
Quelques cas particuliers à anticiper...
La plupart des propriétaires se trouvent face à une configuration standard : un appartement ou une maison avec un identifiant unique facilement localisable sur l'avis de taxe foncière. Mais certaines situations dérogent à cette simplicité, et les ignorer peut bloquer la signature du bail ou retarder l'obtention du DPE de plusieurs semaines.
En copropriété, l'erreur classique consiste à utiliser l'identifiant de l'immeuble entier à la place de celui du lot précis que vous mettez en location. Ces 2 numéros sont différents et non interchangeables. Votre appartement possède son propre identifiant fiscal, distinct de celui des parties communes ou d'un autre appartement du même bâtiment. Si votre copropriété a récemment fait l'objet d'une fusion ou d'une division de lots, vérifiez auprès du centre des impôts fonciers que l'identifiant a bien été mis à jour dans le fichier. Cette mise à jour peut prendre plusieurs mois après la publication de l'acte chez le notaire.
Le règlement de copropriété peut aider à identifier le bon lot : il liste les numéros avec leur désignation précise. Croiser cette information avec l'avis de taxe foncière du lot concerné reste la méthode la plus fiable pour s'assurer d'utiliser le bon identifiant.
En VEFA et construction neuve, l'identifiant fiscal n'existe pas encore au moment de la livraison du bien. Il est attribué seulement après la première déclaration foncière, effectuée via le formulaire 6650 déposé auprès du centre des impôts fonciers. Ce délai varie généralement entre 3 et 6 mois après la livraison. Si vous devez signer un bail avant d'avoir reçu ce numéro, la solution transitoire consiste à mentionner dans le bail l'absence provisoire de l'identifiant avec une clause d'actualisation, puis à transmettre le numéro par avenant dès son attribution officielle.
Ce point mérite aussi votre attention si vous engagez une rénovation de votre logement impliquant une modification structurelle du bien, comme la création d'un nouveau lot ou la transformation d'un local commercial en habitation. Dans ce cas, un nouvel identifiant fiscal sera créé et l'ancien deviendra caduc.
Pour les annexes séparées (parking, cave, box), chaque local constitue une entité fiscale indépendante avec son propre numéro de 12 chiffres. Si vous louez votre appartement avec son parking dans un même contrat, les 2 identifiants doivent figurer dans le bail. Négliger celui du parking est une irrégularité fréquente, surtout lorsque le parking est situé dans un bâtiment distinct du logement principal.
Pour un logement jamais déclaré (situation rare mais existante, notamment pour certaines constructions informelles ou des locaux transformés en habitation sans permis), aucun identifiant ne figure dans le fichier fiscal. La régularisation passe par 2 voies : la déclaration de mutation (DMTO) lors d'une vente, qui déclenche automatiquement l'attribution d'un numéro, ou le dépôt d'un formulaire H1 (maison individuelle) ou H2 (appartement) auprès du centre des impôts fonciers. Dans ce dernier cas, comptez entre 4 et 8 semaines pour l'attribution de l'identifiant.
Pour les acquisitions en VEFA sur la Côte basque, nous vous recommandons de demander au promoteur la confirmation de la date prévisionnelle d'attribution de l'identifiant fiscal dès la signature de l'acte. Certains programmes livrent les attestations de déclaration foncière plusieurs mois après la remise des clés : anticiper ce délai évite de bloquer la mise en location ou la réalisation du DPE.
Et en cas d'oubli, quelles conséquences ?
L'omission de l'identifiant fiscal est plus courante que ce que les textes réglementaires laissent supposer. La réalité du terrain est nuancée : les conséquences concrètes diffèrent nettement selon le document concerné, et le décret n° 2023-1371 n'a pas tout tranché.
Sur le bail, l'absence du numéro ne rend pas le contrat nul de plein droit. Le décret reste muet sur les sanctions directes, ce qui a semé le doute chez de nombreux professionnels de l'immobilier. Pourtant, cette irrégularité formelle peut devenir un levier juridique pour le locataire en cas de contentieux : un juge pourrait l'invoquer pour fragiliser certaines clauses ou compliquer une procédure de résiliation. La jurisprudence reste encore peu développée sur ce point précis, mais la zone d'incertitude suffit à justifier une attention particulière.
Voici les 3 points de vigilance à ne pas ignorer, notamment si vous gérez des revenus fonciers sur plusieurs biens :
⚠️ Bail irrégulier : l'absence d'identifiant constitue une irrégularité formelle susceptible d'être soulevée lors d'un litige. Le propriétaire ne peut pas faire valoir le contrat comme pleinement conforme à la réglementation en vigueur depuis 2024, ce qui fragilise sa position si le locataire conteste les conditions de résiliation ou une révision de loyer.
⚠️ DPE bloqué : le diagnostiqueur est tenu réglementairement de refuser d'établir le DPE sans identifiant fiscal. Sans DPE valide, aucune annonce de location ou de vente ne peut être publiée légalement. Résultat : la mise en location effective est reportée jusqu'à la récupération du numéro, parfois de plusieurs semaines lorsque la situation du bien est complexe.
⚠️ Risque fiscal indirect : le croisement automatisé des fichiers fiscaux et des données DPE permet à l'administration d'identifier les locations non déclarées. Un logement mis en location sans identifiant renseigné peut attirer l'attention lors d'un contrôle, avec à la clé des rappels d'impôts et des majorations pouvant atteindre 40 % en cas de manquement délibéré qualifié par les services fiscaux.
FAQ : Tout savoir sur l'identifiant fiscal du logement
L'identifiant fiscal du logement est-il le même que le numéro d'invariant ?
Non, ces 2 termes désignent le même numéro sous des appellations différentes selon les documents et les périodes. L'administration fiscale parle désormais d'"identifiant fiscal du logement" ou d'"identifiant fiscal du local" dans ses communications récentes. Le terme "numéro d'invariant" était plus courant dans les anciens avis de taxe foncière. Si vous rencontrez l'un ou l'autre libellé sur vos documents, il s'agit bien du même numéro de 12 chiffres, avec la même valeur juridique et administrative.
Que faire si je ne trouve pas mon identifiant fiscal logement ?
Si les méthodes habituelles n'aboutissent pas, 3 options restent disponibles. Vous pouvez contacter le centre des impôts fonciers de votre département par messagerie sécurisée depuis votre espace impots.gouv.fr, demander à votre diagnostiqueur d'effectuer la recherche via le portail GMBI, ou vérifier si le bien n'a jamais fait l'objet d'une déclaration fiscale. Dans ce dernier cas, un formulaire H1 (maison) ou H2 (appartement) sera nécessaire pour déclencher l'attribution de l'identifiant.
L'identifiant fiscal change-t-il après des travaux ou une division de bien ?
Des travaux courants (ravalement, remplacement de fenêtres, rénovation intérieure) ne modifient pas l'identifiant fiscal. En revanche, toute modification structurelle ayant un impact sur la nature ou la surface déclarée du local, comme la division d'un appartement en 2 lots distincts ou la fusion de 2 locaux, entraîne la création de nouveaux identifiants. Ces changements doivent être déclarés auprès du centre des impôts fonciers dans les 90 jours suivant l'achèvement des travaux.
Un parking ou une cave a-t-il son propre identifiant fiscal ?
Oui, chaque local constituant une entité fiscale distincte possède son propre identifiant de 12 chiffres. Un parking en sous-sol, une cave séparée ou un box indépendant ont chacun leur numéro propre. Si vous louez votre appartement avec son parking dans un même contrat de bail, les 2 identifiants doivent y figurer. La seule exception concerne une cave ou un débarras non individualisé, intégré aux parties communes sans numéro fiscal attribué.
L'identifiant fiscal est-il obligatoire pour un bail commercial ?
Non, l'obligation issue du décret n° 2023-1371 ne s'applique qu'aux baux d'habitation (logements vides ou meublés à titre de résidence principale). Les baux commerciaux et professionnels ne sont pas soumis à cette exigence. L'identifiant fiscal reste néanmoins utile pour les déclarations fiscales liées aux locaux commerciaux et certains notaires le demandent lors des mutations, mais son absence sur un bail commercial n'entraîne aucune irrégularité formelle à ce jour.
Puis-je utiliser l'identifiant fiscal d'un ancien propriétaire ?
Oui, l'identifiant fiscal est attaché au logement et non à son propriétaire. Il reste identique après une vente. Si vous venez d'acquérir un bien, l'identifiant figurant sur les anciens avis de taxe foncière du vendeur est valable et réutilisable. Il apparaîtra aussi dans votre propre espace impots.gouv.fr dès que la mutation aura été enregistrée au service de publicité foncière, ce qui intervient généralement 2 à 4 semaines après l'acte notarié.
Comment récupérer l'identifiant fiscal d'un logement neuf jamais déclaré ?
Pour un logement neuf sans identifiant, il faut déposer un formulaire de déclaration auprès du centre des impôts fonciers : le formulaire H2 pour un appartement en copropriété, ou le formulaire H1 pour une maison individuelle. Ce dépôt déclenche l'attribution d'un identifiant fiscal dans un délai de 4 à 8 semaines. Certains promoteurs effectuent cette démarche pour le compte de l'acquéreur ; il convient de le vérifier dans le contrat de vente en état futur d'achèvement avant la signature.
L'identifiant fiscal figure-t-il sur le titre de propriété ?
Non, le titre de propriété (acte notarié) ne mentionne pas l'identifiant fiscal du logement. Ce document contient la référence cadastrale de la parcelle et la désignation du bien, mais pas le numéro fiscal de 12 chiffres. Pour ce dernier, les sources fiables restent l'avis de taxe foncière, l'espace impots.gouv.fr rubrique "Gérer mes biens immobiliers", et en dernier recours, le centre des impôts fonciers compétent pour votre commune.
📚 SOURCES
- Légifrance : Décret n° 2023-1371 du 29 décembre 2023 relatif aux contrats de location de logement (obligation d'indiquer l'identifiant fiscal du logement sur les baux d'habitation depuis le 1er janvier 2024), publié au JORF n° 0302 du 30 décembre 2023
- Légifrance : Arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique pour les bâtiments ou parties de bâtiments à usage d'habitation en France métropolitaine (obligation de transmission de l'identifiant fiscal au diagnostiqueur, modifié)
- Direction générale des finances publiques (DGFiP) / Service-Public.fr (octobre 2026) : Composition et structure de l'identifiant fiscal du logement, numéro de 12 chiffres dont les 2 premiers correspondent au code du département
- impots.gouv.fr, rubrique "Gérer mes biens immobiliers" (consulté en octobre 2026) : Accès à l'identifiant fiscal via l'espace personnel du contribuable
- Ministère de la Transition écologique, Guide propriétaires GMBI (2026) : Portail GMBI (Gestion du Milieu Bâti et de l'Immobilier), accès réservé aux professionnels certifiés (diagnostiqueurs, géomètres-experts, notaires)