État des lieux de location : 7 erreurs qui coûtent cher

30 % des litiges locatifs portent sur la restitution du dépôt de garantie. Dans la grande majorité des cas, la cause est identique : un état des lieux bâclé, incomplet ou contesté. Quelques lignes négligées au moment de l'entrée dans le logement peuvent coûter plusieurs centaines d'euros au départ. La question n'est donc pas de savoir si cet exercice est important, mais comment le réaliser sans laisser de prise au litige.

TL;DR : Cet article en bref

  • L'état des lieux est obligatoire depuis la loi Alur de 2014 pour tout bail d'habitation : locataire et bailleur disposent de 10 jours après la remise des clés pour le compléter.
  • Le décret n°2016-382 impose 10 mentions obligatoires, dont la description pièce par pièce, les relevés de compteurs et les signatures des 2 parties.
  • En cas de litige sur le dépôt de garantie, privilégiez la commission départementale de conciliation (gratuite, 60-70 % de réussite) avant toute saisine du tribunal.

Qu'est-ce qu'un état des lieux de location ?

L'état des lieux de location est un document descriptif établi contradictoirement entre le bailleur et le locataire, qui consigne l'état exact du logement à un instant précis. Il sert de référence officielle pour comparer la situation du bien entre l'entrée et la sortie, ce qui en fait la pièce centrale de toute relation locative.

Son rôle est double, et c'est précisément cette dualité qui le rend indispensable. D'un côté, il protège le locataire contre des retenues injustifiées sur son dépôt de garantie. De l'autre, il offre au bailleur une preuve tangible des dégradations éventuellement imputables au locataire, évitant ainsi de se retrouver démuni face à un désaccord.

C'est d'autant plus fondamental que le cadre légal encadre précisément cet exercice depuis 2014. La loi Alur et le décret n°2016-382 du 30 mars 2016 ont posé des règles claires sur la forme comme sur le contenu, s'appliquant aussi bien aux logements vides qu'aux logements meublés.

Nous vous recommandons de réaliser des photos et une courte vidéo horodatées de chaque pièce le jour de l'état des lieux d'entrée. Ces preuves visuelles constituent souvent l'argument décisif lors d'une contestation, qu'il s'agisse d'une médiation ou d'une audience devant le tribunal judiciaire.

Quel est le rôle exact de l'état des lieux ?

L'état des lieux agit comme un arbitre silencieux tout au long de la location. Il fixe le point de départ : toute dégradation constatée à la sortie et absente à l'entrée est présumée imputable au locataire.

Sans ce document, la restitution du dépôt de garantie devient un terrain miné pour les 2 parties. Les enjeux ne sont pas minces : le dépôt représente jusqu'à 2 mois de loyer en meublé.

C'est précisément cette fonction de preuve qui justifie d'y consacrer du temps et de la rigueur. Un état des lieux précis et complet, c'est la garantie d'éviter des conflits souvent coûteux et éprouvants pour tous.

Avant 2014, l'état des lieux n'était pas systématiquement obligatoire, ce qui laissait trop souvent la porte ouverte aux contestations. La loi Alur du 24 mars 2014 a changé la donne en imposant son établissement pour tous les baux d'habitation régis par la loi du 6 juillet 1989 (article 3). Le décret n°2016-382 est ensuite venu préciser la liste exhaustive des mentions requises.

Quelques situations restent cependant hors du champ de cette obligation. Les baux commerciaux et professionnels relèvent d'un régime distinct, et les locations saisonnières de courte durée (contrat inférieur à 4 mois) ne sont pas soumises à cette contrainte légale. Pour un meublé de tourisme ou une villa louée à la semaine, l'état des lieux reste néanmoins fortement conseillé pour éviter tout différend.

Que vous envisagiez un bail classique ou un projet d'investissement locatif sur la Côte basque, maîtriser ces obligations légales est un préalable indispensable pour sécuriser votre relation avec les locataires dès le premier jour.

Entrée ou sortie : quelles différences entre les deux états des lieux ?

On distingue 2 états des lieux dans la vie d'un bail, et leur confusion reste une source fréquente d'erreurs. L'un ouvre la location, l'autre la clôt. Leurs enjeux, leur calendrier et leurs conséquences en cas d'absence sont pourtant radicalement différents.

CritèreÉtat des lieux d'entréeÉtat des lieux de sortie
Moment de réalisationLe jour de la remise des clés, avant l'emménagementLe jour du départ, lors de la restitution des clés
Qui initie ?Le bailleur convoque le locataireLe bailleur convoque ; le locataire en est informé
Qui paie ?Gratuit si amiable ; frais partagés si professionnelGratuit si amiable ; frais partagés si professionnel
Durée moyenne30 à 60 minutes selon la superficie30 à 60 minutes selon la superficie
Enjeux principauxRemise des clés, constat de l'état initial du logementRestitution du dépôt de garantie, identification des dégradations
Conséquences si manquantLe logement est présumé avoir été remis en bon étatLe bailleur ne peut retenir aucune somme sur le dépôt de garantie

Le pire scénario ? C'est l'absence d'état des lieux de sortie qui pénalise le plus souvent le bailleur. Sans document contradictoire au départ, la loi présume que le locataire a rendu le logement dans le même état qu'à l'entrée. La charge de la preuve s'inverse alors totalement, au détriment du propriétaire.

Côté locataire, l'état des lieux d'entrée est sa meilleure protection. Chaque anomalie non signalée à l'entrée peut lui être reprochée à la sortie, avec les conséquences financières que cela implique. C'est le moment de noter et de photographier, sans rien laisser passer.

La durée du bail commence à courir à partir de la remise des clés. Si vous souhaitez comprendre comment le préavis de location s'articule avec ces étapes clés de la location, les règles varient selon le type de zone géographique et la nature du bail.

Quelles mentions obligatoires dans votre état des lieux ?

Le décret n°2016-382 du 30 mars 2016 ne laisse aucune place à l'improvisation. Il liste précisément les éléments que tout état des lieux doit contenir, sous peine de fragiliser sa valeur probatoire devant un tribunal ou une commission de conciliation. Un document incomplet est, dans les faits, un document contestable.

Voici les 10 mentions que vous devrez obligatoirement faire figurer dans votre état des lieux :

  1. Le type d'état des lieux (entrée ou sortie) et la date à laquelle il est établi.
  2. L'adresse complète du logement, incluant le numéro d'appartement et le bâtiment si applicable.
  3. L'identité complète des parties : nom, prénom et adresse du bailleur et du locataire.
  4. Le nom et l'adresse de l'agence ou du mandataire si un professionnel intervient dans l'opération.
  5. La description précise de chaque pièce, avec l'état des murs, des sols, des plafonds, des fenêtres et des équipements.
  6. Les relevés de compteurs d'électricité, de gaz et d'eau au moment de l'établissement du document.
  7. Le nombre de clés remises et leur destination (porte d'entrée, boîte aux lettres, cave, parking).
  8. Les réserves émises par l'une ou l'autre des parties, mentionnées de façon explicite et circonstanciée.
  9. Les signatures originales des 2 parties ou de leurs représentants dûment mandatés par écrit.
  10. La date et le lieu de signature.

Un état des lieux rédigé avec soin protège à la fois le locataire et le bailleur. Si vous faites appel à une agence immobilière pour gérer votre bien, ces professionnels garantissent la conformité du document aux exigences du décret. Notons au passage que la révision du loyer obéit elle aussi à ses propres règles légales : documenter chaque étape de votre location avec rigueur est une bonne pratique qui s'applique à l'ensemble de la relation locative.

7 étapes pour réaliser un état des lieux en bonne et due forme

Un état des lieux réussi, c'est avant tout une affaire de méthode. Improviser sur le moment est la première erreur à éviter : un compteur non relevé, une pièce oubliée, une signature manquante. Et ce n'est pas tout. Le stress du déménagement pousse souvent à bâcler l'exercice, alors qu'il conditionne des enjeux financiers bien réels pour les 2 parties.

Voici les 7 étapes à suivre pour que votre état des lieux soit irréprochable :

  1. Convocation officielle : adressez une invitation écrite à l'autre partie avec la date, l'heure et l'adresse précise du logement. Un message vocal ou un simple SMS ne constitue pas une convocation légalement valable.
  2. Préparation des documents : rassemblez le bail signé, le diagnostic de performance énergétique (DPE), et l'état des lieux d'entrée si vous êtes en sortie. Avoir ces pièces sous la main évite les retards et les imprécisions sur le terrain.
  3. Visite pièce par pièce : procédez méthodiquement, espace après espace, du sol au plafond. Notez chaque observation au fur et à mesure, sans attendre la fin de la visite pour rédiger vos remarques.
  4. Photos et vidéo horodatées : documentez chaque élément notable sous plusieurs angles. Une photo floue ou non datée n'a qu'une valeur probatoire très limitée, voire nulle, en cas de litige ultérieur.
  5. Relevé des compteurs : notez les index d'électricité, de gaz et d'eau directement sur le document, en présence des 2 parties. Photographiez les affichages pour disposer d'une preuve visuelle complémentaire.
  6. Annotations précises : décrivez les anomalies avec des termes concrets et mesurables ("tache brune d'environ 5 cm sur le mur gauche de la cuisine") plutôt que des formules vagues comme "en mauvais état général".
  7. Signature contradictoire et remise des copies : les 2 parties signent le document original, et chacune repart avec sa propre copie. Sans signature, l'état des lieux n'a aucune valeur juridique.

C'est d'autant plus critique que la durée moyenne d'un état des lieux tourne autour de 45 minutes. Ce n'est pas le moment de faire vite pour rattraper un camion de déménagement.

Avant le jour J : comment bien se préparer ?

La qualité d'un état des lieux se joue souvent avant même l'arrivée sur les lieux. Du côté du bailleur, le logement doit être entièrement vidé, propre et en état de fonctionnement : équipements testés, ampoules remplacées si nécessaire, compteurs accessibles.

Du côté du locataire, relire le bail avant la visite permet de lister les questions spécifiques et de repérer les équipements à vérifier en priorité. Prévoir un smartphone suffisamment chargé avec de l'espace mémoire disponible semble évident, mais on l'oublie plus souvent qu'on ne le croit.

Les 2 parties doivent s'assurer que toutes les clés sont disponibles le jour J, y compris celles des annexes (cave, parking, local vélos), afin de ne rater aucune partie de la visite.

Le jour J : quelques bonnes pratiques à suivre

Le déroulement de la visite suit une logique précise : pièce par pièce, du sol au plafond, sans rien sauter. L'objectif n'est pas de terminer rapidement, mais de terminer rigoureusement.

Voici les bonnes pratiques à adopter pendant la visite :

  • Tester tous les équipements un par un : robinets (pression et fuites), prises électriques, volets, système de chauffage et luminaires.
  • Photographier chaque élément douteux sous plusieurs angles, en s'assurant que la prise de vue est nette et bien exposée.
  • Annoter chaque anomalie immédiatement sur le document, en termes précis et localisés, sans attendre la fin de la visite.
  • Relever les index des compteurs d'énergie et d'eau en présence des 2 parties.
  • Vérifier l'état des joints, des fenêtres et de l'ensemble des équipements de cuisine.
  • Compter et identifier les clés remises, en les associant à leur usage (portail, boîte aux lettres, cave, garage).

⚠️ Une photo floue ou sous-exposée n'a aucune valeur probatoire. Reprenez systématiquement les clichés insuffisants : quelques secondes supplémentaires peuvent éviter des semaines de litige.

Après la visite : signature, copies et archivage

La signature ne doit jamais être traitée comme une simple formalité de fin de visite. Elle engage juridiquement les 2 parties et confère au document toute sa force probatoire. Refuser de signer ne fait pas disparaître l'état des lieux : la partie présente peut mentionner ce refus par écrit, et le document reste opposable.

Chaque partie doit repartir avec une copie originale signée. Si un professionnel a établi le document, il en conserve également un exemplaire. Nous vous recommandons de conserver l'état des lieux pendant toute la durée du bail, puis pendant au moins 3 ans supplémentaires après la fin de la location.

Enfin, si un défaut est découvert dans les premiers jours qui suivent l'emménagement, une demande de complément peut être envoyée dans les 10 jours par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce délai légal est précieux : ne le laissez pas passer sans l'utiliser si une observation importante a été omise le jour J.

Que vérifier pièce par pièce lors de l'état des lieux ?

Un état des lieux minutieux se joue dans les détails : une tache sur le plafond, un joint décollé, une prise défaillante. Ces petits éléments, pris séparément, semblent anodins. Ensemble, ils constituent la matière première d'un litige ou, au contraire, la preuve qu'un logement a été rendu dans un état irréprochable.

C'est pourquoi nous recommandons une approche systématique, pièce après pièce, avec pour chaque espace les mêmes 3 niveaux d'examen : les surfaces (murs, sols, plafonds), les équipements et les installations techniques.

PièceÉléments à vérifierPoints de vigilance spécifiques
Entrée / couloirRevêtements de sol, portes, interphone, boîte aux lettresUsure des revêtements en zone de circulation intense
SéjourMurs, sols, plafond, prises électriques, luminaires, fenêtresMarques sur les murs, taches de peinture, fenêtres qui ferment mal
CuisineÉlectroménager, robinetterie, plan de travail, placardsHotte encrassée, joints d'évier décollés, four en mauvais état
Chambre(s)Revêtements de sol, prises électriques, placards, fenêtresFissures dans la peinture, placards qui coincent, revêtements tachés
Salle de bainRobinetterie, joints, carrelage, VMC, douche ou baignoireMoisissures, joints de silicone décollés, VMC inopérante
WCChasse d'eau, cuvette, abattant, réservoirFissures sur la cuvette, mécanisme de chasse défaillant
CaveMurs, plafond, sol, serrure, accèsTraces d'humidité ou de moisissures au sol et aux murs
ParkingNuméro de place, porte, éclairagePorte automatique défaillante, éclairage absent
Jardin / terrasseClôture, portail, pelouse, mobilier extérieurÉtat des végétaux, mobilier inclus ou non au bail

La vétusté est une notion souvent méconnue qui limite les retenues légitimes sur le dépôt de garantie. Un bailleur ne peut pas retenir le coût d'un remplacement à neuf pour un équipement simplement usé par le temps normal d'utilisation. Nous vous recommandons d'annexer une grille de vétusté à votre bail, qui précise la durée de vie estimée de chaque élément (peinture, moquette, revêtements de sol).

Les pièces à vivre : séjour, cuisine et chambres

Le séjour concentre souvent le plus grand nombre d'observations dans un état des lieux. Les murs accumulent les marques de tableaux et les traces de déménagement, les parquets révèlent les traces d'usage, et les prises électriques méritent d'être testées une par une.

La cuisine appelle une attention particulière aux équipements fournis. Four, plaques de cuisson, hotte et robinetterie sont les zones les plus fréquemment contestées en location meublée, et l'état des joints d'évier comme du plan de travail doit être consigné avec précision.

Dans les chambres, les revêtements de sol et la peinture concentrent l'essentiel des remarques. Les fenêtres méritent d'être testées dès l'état des lieux d'entrée : une fermeture imparfaite non signalée à ce moment peut devenir un point de litige à la sortie, difficile à contester.

Salle de bain, WC et buanderie : les points d'eau sensibles

Les pièces d'eau sont les zones les plus exposées aux dégradations silencieuses. Une fuite non détectée pendant des mois peut engendrer des dommages bien plus sérieux que le problème d'origine, et leur attribution entre responsabilité du locataire et vétusté normale est souvent une source de conflits.

Voici les 8 points de vigilance à vérifier systématiquement dans ces espaces :

  • État de la robinetterie : fuites, pression de l'eau, mélangeurs qui fonctionnent correctement.
  • Qualité des joints de silicone autour de la douche, du bac et du lavabo.
  • Carrelage mural et au sol : fissures, joints détériorés, carreaux décollés.
  • Fonctionnement de la VMC (ventilation mécanique contrôlée) : un simple test au papier suffit pour vérifier le débit.
  • Évacuations de la douche, de la baignoire et du lavabo : contrôler le débit et l'absence d'odeurs.
  • Réservoir et mécanisme de la chasse d'eau des WC.
  • État de l'abattant et de la cuvette (fissures, traces profondes non imputables à l'usure normale).
  • Arrivées et évacuations d'eau de la buanderie, si cet espace est présent dans le logement.

Cave, parking, jardin : ne pas oublier les annexes !

Les annexes sont souvent expédiées en fin de visite, quand la fatigue commence à se faire sentir. C'est précisément pour cette raison qu'elles concentrent un nombre disproportionné de litiges.

Pour la cave, le point le plus critique reste l'humidité. Des traces sur les murs ou des auréoles au sol doivent être photographiées et annotées sans hésitation, car elles peuvent être interprétées comme une dégradation imputable au locataire si elles n'ont pas été consignées à l'entrée. Le bon fonctionnement de la serrure et l'état du plafond méritent également d'être notés.

Pour le parking, vérifiez l'état de l'éclairage, le fonctionnement de la porte (manuelle ou automatique) et la lisibilité du marquage au sol. Pour le jardin ou la terrasse, tout élément inclus dans le bail (mobilier extérieur, abri de jardin, système d'arrosage) doit figurer dans l'état des lieux avec une description précise de son état le jour de la remise des clés.

Coût et qui paye l'état des lieux ?

La règle de base est simple : un état des lieux réalisé à l'amiable entre bailleur et locataire est entièrement gratuit. Aucune des 2 parties ne peut facturer l'autre pour ce service lorsqu'il n'y a pas de prestataire extérieur.

Dès lors qu'un professionnel intervient, que ce soit un agent immobilier ou un administrateur de biens, les frais sont partagés équitablement entre bailleur et locataire. La loi plafonne toutefois la part payable par le locataire : elle ne peut excéder la moitié du coût total ni dépasser un plafond au m² fixé par décret.

Lorsque l'état des lieux est établi par un commissaire de justice (anciennement désigné sous le terme d'huissier), les tarifs sont réglementés. Comptez entre 120 € et 200 € selon la superficie du logement, à partager entre les 2 parties. Résultat : si une partie a refusé de participer à l'état des lieux amiable, elle supporte seule l'intégralité des frais.

Pour un professionnel agréé non-huissier, les honoraires oscillent généralement entre 80 € et 150 €, là encore partagés à parts égales dans la limite du plafond légal applicable au locataire.

Combien de temps pour modifier ou contester un état des lieux ?

Un état des lieux signé n'est pas gravé dans le marbre pour l'éternité. La loi prévoit une fenêtre de 10 jours après la remise des clés pour compléter l'état des lieux d'entrée, conformément à l'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989. Ce délai existe précisément pour couvrir les situations où certains éléments n'ont pas pu être vérifiés le jour J.

Les cas d'usage les plus fréquents : le chauffage n'a pas pu être testé car la visite s'est déroulée en pleine canicule estivale ; un défaut caché (infiltration, problème d'évacuation) est apparu après les premiers jours d'occupation ; un compteur n'était pas accessible pendant la visite ; un équipement défaillant n'a révélé son problème qu'à la première utilisation.

Passé ce délai de 10 jours, toute modification nécessite l'accord écrit des 2 parties. En cas de refus du propriétaire, la démarche recommandée passe d'abord par un courrier recommandé avec accusé de réception, détaillant les observations contestées et les photos à l'appui. Si le désaccord persiste, le médiateur de la consommation ou la commission départementale de conciliation constituent les étapes suivantes. La saisine du tribunal judiciaire reste le dernier recours, à envisager uniquement lorsque les voies amiables ont été épuisées sans résultat satisfaisant.

Que faire en cas de désaccord ou de litige ?

Un litige autour de l'état des lieux éclate généralement à 2 moments distincts : le jour même de l'établissement, quand une partie refuse de signer ou conteste une observation, ou à la fin du bail, quand le dépôt de garantie n'est pas restitué dans les délais légaux. Dans les 2 cas, la même logique s'applique.

Il est toujours préférable de commencer par les solutions les moins coûteuses et les moins conflictuelles. Non pas par naïveté, mais parce que la grande majorité des litiges locatifs se règlent sans jamais atteindre le tribunal, à condition d'être structurés et documentés dès le départ.

Nous recommandons de tenter systématiquement la médiation avant toute démarche judiciaire. La commission départementale de conciliation est gratuite, accessible sans avocat et présente un taux de résolution satisfaisant dans la majorité des dossiers. Une heure de médiation vaut souvent mieux que 12 mois de procédure.

Sans démarche amiable structurée, le dossier s'alourdit, les coûts s'accumulent et le dialogue devient impossible pour les 2 parties.

Avec une approche documentée et progressive, la majorité des désaccords trouvent une issue sans procédure judiciaire, ce qui préserve à la fois le temps et les relations entre les parties.

Privilégiez d'abord les solutions amiables

La discussion directe avec l'autre partie reste toujours la première étape. Elle coûte zéro euro, prend peu de temps et peut suffire lorsque le désaccord repose sur un malentendu ou une observation mal formulée dans le document.

Si le dialogue échoue, un courrier recommandé avec accusé de réception détaillant les griefs et accompagné de photos constitue la formalisation nécessaire. Ce courrier seul débloque souvent la situation, car il signale à l'autre partie une volonté d'aller plus loin.

Le médiateur de la consommation et la commission départementale de conciliation (CDC) constituent les 2 étapes suivantes. Ces 2 solutions sont entièrement gratuites, instruites en quelques semaines et présentent un taux de résolution estimé entre 60 % et 70 % des cas.

En dernier recours : huissier et tribunal

Quand toutes les voies amiables ont été épuisées sans résultat, 2 recours juridiques restent possibles : le constat de commissaire de justice et l'assignation devant le tribunal judiciaire. Ce sont des options à peser avec soin, car elles engagent des coûts et des délais que peu de locataires ou de bailleurs anticipent réellement.

Voici les points d'alerte à garder à l'esprit avant de franchir ce cap :

  • ⚠️ Un constat de commissaire de justice contradictoire coûte entre 200 € et 400 € selon la complexité de l'intervention, sans garantir l'issue du litige.
  • ⚠️ Une assignation devant le tribunal judiciaire implique des frais d'avocat estimés entre 800 € et 1 500 €, auxquels s'ajoutent des délais de procédure de 6 à 12 mois avant obtention d'un jugement.
  • ⚠️ Vous pouvez perdre et être condamné aux dépens, ce qui alourdit encore la facture finale. Un dossier solide (photos horodatées, courriers recommandés, témoignages) est donc indispensable avant d'engager cette voie.

Cette option ne se justifie vraiment que lorsque le montant du litige dépasse 1 000 €, que le dialogue est totalement rompu et que vous disposez d'éléments de preuve suffisants pour défendre votre position.

FAQ : Tout savoir sur l'état des lieux de location

L'état des lieux est-il obligatoire pour toute location?

L'état des lieux est obligatoire pour tous les baux d'habitation régis par la loi du 6 juillet 1989, qu'il s'agisse d'un logement vide ou meublé. Il doit être établi à l'entrée et à la sortie du locataire. Seules les locations saisonnières de courte durée (moins de 4 mois) ne sont pas soumises à cette obligation légale, même si sa réalisation reste fortement recommandée pour éviter tout différend à la fin de la location.

Peut-on faire un état des lieux soi-même ou faut-il un professionnel ?

Les 2 parties peuvent tout à fait réaliser l'état des lieux à l'amiable, sans aucun professionnel. C'est d'ailleurs la solution la plus fréquente et la moins coûteuse. Le recours à un agent immobilier ou à un commissaire de justice n'est obligatoire que lorsque les parties ne parviennent pas à s'entendre sur une date ou sur le contenu du document, ou lorsqu'une partie refuse de se présenter malgré une convocation en bonne et due forme.

Que faire si le bailleur refuse de faire l'état des lieux ?

Si le bailleur refuse d'établir l'état des lieux d'entrée, le locataire peut faire appel à un commissaire de justice, dont les frais seront intégralement supportés par le bailleur récalcitrant. Il est conseillé de le mettre d'abord en demeure par courrier recommandé, en lui rappelant ses obligations légales issues de la loi Alur. En l'absence de tout état des lieux, le logement est présumé avoir été remis en bon état au locataire.

Peut-on modifier l'état des lieux après signature ?

Oui, mais uniquement dans les 10 jours suivant la remise des clés, pour l'état des lieux d'entrée. Cette modification requiert l'accord écrit des 2 parties, formalisé par un avenant signé conjointement. Passé ce délai, toute modification unilatérale est sans valeur juridique. Si l'autre partie refuse de signer un avenant, vous pouvez saisir la commission départementale de conciliation ou faire constater le désaccord par un commissaire de justice.

Qui doit obligatoirement être présent lors de l'état des lieux ?

L'état des lieux doit être établi en présence du bailleur et du locataire, ou de leurs représentants dûment mandatés par un document écrit. Un agent immobilier mandaté par le bailleur peut représenter ce dernier. En cas d'absence d'une partie non justifiée, l'état des lieux peut tout de même être établi, mais ses conséquences seront plus difficiles à contester ultérieurement devant un tribunal ou une commission de conciliation.

Combien de temps faut-il conserver l'état des lieux ?

L'état des lieux doit être conservé pendant toute la durée du bail, puis pendant au moins 3 ans après la fin de la location, délai correspondant à la prescription applicable aux litiges locatifs. Nous vous recommandons d'en conserver une version numérique en plus de l'original papier pour éviter toute perte en cas de déménagement.

Que se passe-t-il en l'absence d'état des lieux de sortie ?

En l'absence d'état des lieux de sortie, le logement est légalement présumé avoir été rendu dans le même état qu'à l'entrée. C'est alors le bailleur qui supporte la charge de prouver l'existence de dégradations imputables au locataire, ce qui est extrêmement difficile sans document contradictoire. Dans ce cas, il ne peut légalement retenir aucune somme sur le dépôt de garantie, même si des dégradations sont avérées.

📚 SOURCES

  • Légifrance : Loi n°2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (loi Alur)
  • Légifrance : Décret n°2016-382 du 30 mars 2016 fixant les modalités d'établissement de l'état des lieux lors de la prise en possession et de la restitution du logement loué
  • Légifrance : Article 3 et article 3-2 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs
  • Ministère chargé du Logement : Guide pratique de la location (édition 2024)
Écrit par Camille Durrieu
Rédactrice en chef Immobilier et Lifestyle Basque